Retour aux articles|Publié le 27 août 2025|Updated 22 novembre 2025|65 min read
Analyse du marché du travail de Montréal : Août 2025

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Analyse du marché du travail de Montréal : Août 2025

Inside this article
  1. 011. Tendances générales de l'emploi et taux de chômage
  2. 022. Performance par secteur
  3. 033. Postes clés et compétences recherchées
  4. 044. Tendances salariales et repères de rémunération
  5. 055. Activité de recrutement des principaux employeurs et organisations
  6. 066. Dynamique du travail Ă  distance vs sur site
  7. 077. Aperçus des sources de données publiques et des rapports
  8. 088. Défis du marché du travail : Pénuries de talents, démographie et impacts des politiques
  9. 099. Impact des facteurs macroéconomiques sur le marché du travail montréalais
  10. 1010. Perspectives d'emploi Ă  court et Ă  long terme

Rapport sur le marché du travail de Montréal – Août 2025

1. Tendances générales de l'emploi et taux de chômage

Niveaux d'emploi : Au milieu de 2025, la région métropolitaine de recensement (RMR) de Montréal emploie environ 2,41 millions de personnes[1]. Dans la ville de Montréal proprement dite, environ 1,16 million de personnes travaillent[1]. Ces chiffres reflètent une légère baisse de l'emploi dans la ville par rapport au mois précédent (diminution d'environ 5 900 emplois en juin 2025), les gains à temps partiel ayant été compensés par les pertes à temps plein[1]. Malgré cette fluctuation mensuelle, au cours de la dernière année, la population active de Montréal s'est élargie avec l'arrivée de nouveaux résidents et de diplômés, même si la croissance de l'emploi a ralenti.

Taux de chômage : Le taux de chômage de Montréal est en hausse depuis la fin de 2022. Après avoir atteint un creux de 5,8 % en 2022, le chômage de la ville a grimpé à 7,8 % en 2024, nettement au-dessus du taux québécois de 5,3 %[2]. Au milieu de 2025, le taux de chômage reste élevé. La RMR de Montréal a enregistré un taux de chômage de 7,0 % en juin 2025 (désaisonnalisé)[1], tandis qu'à l'intérieur de la ville de Montréal, le taux a atteint environ 8,9 % (une augmentation de 0,4 point de pourcentage par rapport au mois précédent)[1]. Cela marque la troisième hausse mensuelle consécutive du chômage, indiquant un relâchement continu sur le marché du travail local. Le taux de chômage de Montréal continue également de se situer au-dessus de la moyenne provinciale (le Québec était à 6,3 % en juin)[3], et figure parmi les plus élevés des régions du Québec[3].

Tendance récente : La hausse du chômage reflète un ralentissement du marché du travail après la reprise post-pandémique. Au début de 2025, la création d'emplois à Montréal n'a pas suivi le rythme de la croissance de la population active. Par exemple, de mai à juin 2025, la population active de la ville a légèrement augmenté, contribuant à la hausse du taux de chômage malgré des gains d'emplois modestes dans la RMR[1]. Cependant, les données nationales de juin ont montré la première baisse du taux de chômage au Canada depuis des mois (diminuant à 6,9 %)[4], suggérant une stabilisation potentielle. Le chômage à Montréal, bien qu'élevé selon les normes récentes, reste inférieur à celui de certaines autres villes canadiennes fortement touchées par les pertes manufacturières (par exemple, Windsor ou Toronto)[5]. Globalement, le marché du travail de la ville au milieu de 2025 peut être caractérisé comme souple mais non en effondrement – les niveaux d'emploi sont proches des sommets historiques, mais le chômage a grimpé à son plus haut niveau depuis le milieu des années 2010, alors que la croissance économique a ralenti[5].

2. Performance par secteur

L' économie de Montréal est diversifiée, avec des forces notables dans la technologie, le divertissement, l'aérospatiale, les sciences de la vie, la finance, l'éducation et le tourisme. En 2025, la performance varie selon les secteurs :

  • Technologie (TIC et industries numĂ©riques) : Le secteur technologique de MontrĂ©al continue de s'Ă©tendre et de consolider la rĂ©putation de la ville en tant que pĂ´le technologique nord-amĂ©ricain. L'emploi dans la technologie a connu une croissance explosive au cours des cinq dernières annĂ©es – des rapports montrent une augmentation d'environ 88 % de la main-d'Ĺ“uvre technologique de MontrĂ©al de 2018 Ă  2023[6]. La ville est un centre mondial pour l'intelligence artificielle (accueillant environ 60 % des emplois en IA au Canada) et le dĂ©veloppement de jeux vidĂ©o[6]. Un fort soutien gouvernemental (par exemple, la stratĂ©gie Ă©conomique MontrĂ©al 2030) et des investissements de gĂ©ants de l'industrie ont alimentĂ© cette croissance. Par exemple, Microsoft a annoncĂ© une expansion de 500 millions de dollars canadiens en IA au QuĂ©bec, et le gouvernement fĂ©dĂ©ral a engagĂ© 2,4 milliards de dollars pour l'infrastructure de recherche en IA en 2024[6]. Le chĂ´mage technologique reste très bas – au niveau national, il est d'environ 3,3 % en mai 2025[7] – reflĂ©tant des pĂ©nuries de talents persistantes dans des rĂ´les tels que l'ingĂ©nierie logicielle, l'IA/ML, la science des donnĂ©es et la cybersĂ©curitĂ©. Les sous-secteurs du jeu vidĂ©o et de l'IA Ă  MontrĂ©al sont des « points lumineux », soutenant une crĂ©ation d'emplois stable dans les services professionnels et techniques[8]. Cependant, le secteur n'est pas entièrement immunisĂ© contre les vents contraires mondiaux ; la vague de licenciements technologiques qui a frappĂ© l'AmĂ©rique du Nord en 2023 a eu un certain impact sur les startups montrĂ©alaises et les bureaux technologiques multinationaux. Globalement, la technologie est un moteur de croissance essentiel pour MontrĂ©al, avec d'abondantes opportunitĂ©s d'emploi mais une offre limitĂ©e de travailleurs qualifiĂ©s.

  • Soins de santĂ© et assistance sociale : Le vaste secteur de la santĂ© de MontrĂ©al a ajoutĂ© des emplois, bien qu'Ă  un rythme plus lent que l'annĂ©e prĂ©cĂ©dente. Au QuĂ©bec, l'emploi dans les services de santĂ© et d'assistance sociale a augmentĂ© d'environ 1,0 % pour le seul mois de juin 2025[3], et MontrĂ©al a continuĂ© d'embaucher des infirmières, des mĂ©decins et du personnel de soutien pour rĂ©pondre Ă  une demande croissante. La croissance depuis le dĂ©but de l'annĂ©e 2025 (environ +1,3 %) est bien infĂ©rieure Ă  l'expansion rapide de 7,7 % observĂ©e en 2024[3], ce qui indique que les augmentations de personnel suivent Ă  peine les besoins. La population vieillissante de MontrĂ©al et les retards accumulĂ©s en raison de la pandĂ©mie ont maintenu la pression sur le système de santĂ©. Les infirmières et techniciens mĂ©dicaux restent en pĂ©nurie critique – près de 43 % des infirmières nouvellement diplĂ´mĂ©es au QuĂ©bec quittent la profession avant l'âge de 35 ans, selon une Ă©tude de 2024[9]. Les rĂ©centes mesures budgĂ©taires provinciales visent Ă  embaucher et Ă  retenir davantage de travailleurs de la santĂ©, mais les annonces de rĂ©ductions de coĂ»ts dans certains hĂ´pitaux ont semĂ© l'incertitude[3]. MalgrĂ© ces dĂ©fis, les perspectives Ă  long terme pour les soins de santĂ© sont solides : la demande augmente et des initiatives comme de nouvelles rĂ©sidences pour personnes âgĂ©es et des cliniques privĂ©es stimulent la crĂ©ation d'emplois[3]. Le statut de MontrĂ©al en tant que pĂ´le de recherche mĂ©dicale (avec des institutions comme McGill et l'Institut de recherches cliniques de MontrĂ©al) renforce Ă©galement l'emploi hautement qualifiĂ© dans ce secteur.

  • Finance et assurance : MontrĂ©al est le deuxième centre financier en importance au Canada. Le secteur financier a Ă©tĂ© relativement stable en 2024-2025, avec une croissance modeste. Les grandes banques (par exemple, Banque Nationale, RBC, BMO), les caisses de retraite (Caisse de dĂ©pĂ´t et placement du QuĂ©bec) et les compagnies d'assurance sont les piliers de cette industrie. Les donnĂ©es sur les services professionnels suggèrent que MontrĂ©al (et Toronto) ont connu une croissance de l'emploi liĂ© Ă  la finance au cours des derniers mois ; en juin 2025, l'Ontario a ajoutĂ© plus de 10 000 emplois dans les services professionnels, scientifiques et techniques (qui incluent la finance et le conseil)[8], et le QuĂ©bec a Ă©galement bĂ©nĂ©ficiĂ© d'une « croissance stable de l'emploi dans les services professionnels » soutenant ses pĂ´les technologiques et financiers[8]. La main-d'Ĺ“uvre des services financiers de MontrĂ©al est continuellement renouvelĂ©e par un important bassin de talents – plus de 31 000 Ă©tudiants universitaires sont inscrits Ă  des programmes de finance dans la ville[6]. Les rĂ´les en demande incluent les analystes financiers, les agents de conformitĂ© et les spĂ©cialistes de la fintech. Les perspectives sont prudemment optimistes : la fintech et la banque numĂ©rique sont des domaines de croissance, et le faible coĂ»t de la vie Ă  MontrĂ©al (par rapport Ă  Toronto) a attirĂ© certaines opĂ©rations de back-office et startups. Cependant, les taux d'intĂ©rĂŞt plus Ă©levĂ©s ont quelque peu ralenti les activitĂ©s de prĂŞt et d'investissement, ce qui pourrait limiter la croissance de l'emploi Ă  court terme dans le secteur bancaire. Globalement, le secteur financier reste un employeur clĂ© Ă  MontrĂ©al, offrant des salaires compĂ©titifs et une demande constante de professionnels qualifiĂ©s.

  • Fabrication et aĂ©rospatiale : MontrĂ©al possède une fière base manufacturière, notamment dans l'aĂ©rospatiale, l'Ă©quipement de transport, les produits pharmaceutiques et la transformation alimentaire. La performance rĂ©cente est mitigĂ©e. L'emploi manufacturier au QuĂ©bec a fait preuve de rĂ©silience – il a ajoutĂ© environ 4 700 emplois en juin 2025, mĂŞme si la fabrication en Ontario et dans d'autres rĂ©gions a diminuĂ©[8]. Cela suggère que les fabricants montrĂ©alais continuent d'embaucher, en partie grâce Ă  la reprise de l'aĂ©rospatiale. Des entreprises comme Bombardier, CAE, Airbus Canada et Pratt & Whitney ont augmentĂ© la production de jets d'affaires et de moteurs d'avion Ă  mesure que le transport aĂ©rien se redresse. En fait, Bombardier a annoncĂ© qu'elle constatait une forte demande pour les jets privĂ©s, et l'entreprise reste l'un des plus grands employeurs de MontrĂ©al avec plus de 17 000 travailleurs locaux[10]. De plus, le segment de la fabrication pharmaceutique et biotechnologique est en croissance – illustrĂ© par la nouvelle usine de vaccins Ă  ARNm de Moderna Ă  Laval (Grand MontrĂ©al), qui a ouvert fin 2024 et devrait crĂ©er des centaines d'emplois qualifiĂ©s[11]. D'autre part, le secteur manufacturier est confrontĂ© Ă  des vents contraires dus aux coĂ»ts d'intrants Ă©levĂ©s et aux actions commerciales amĂ©ricaines. Les tarifs douaniers et l'incertitude commerciale ont affectĂ© les exportations quĂ©bĂ©coises d'aluminium, d'acier et de produits forestiers, entraĂ®nant de la prudence et certaines suppressions d'emplois dans les usines de transformation des ressources[5]. L'industrie du vĂŞtement de MontrĂ©al, autrefois importante, poursuit son long dĂ©clin, et plusieurs usines de transformation alimentaire ont Ă©tĂ© confrontĂ©es Ă  des pĂ©nuries de main-d'Ĺ“uvre. En rĂ©sumĂ©, la fabrication de pointe (en particulier l'aĂ©rospatiale) affiche de bonnes performances et embauche Ă  MontrĂ©al, tandis que les industries plus exposĂ©es au commerce sont sous pression. Les perspectives du secteur dĂ©pendent des tendances commerciales mondiales, mais les projets d'infrastructure et les contrats de dĂ©fense (par exemple, pour les aĂ©ronefs) offrent des perspectives Ă  moyen terme gĂ©nĂ©ralement positives pour la fabrication Ă  MontrĂ©al.

  • Éducation : Le secteur de l'Ă©ducation (Ă©coles, cĂ©geps, universitĂ©s) Ă  MontrĂ©al est substantiel, soutenu par plusieurs grandes universitĂ©s (McGill, UniversitĂ© de MontrĂ©al, Concordia, UQAM) et de grandes commissions scolaires. L'emploi dans l'Ă©ducation a Ă©tĂ© stable ou en croissance modeste, mais le secteur fait face Ă  une pĂ©nurie importante d'enseignants et de personnel. Au QuĂ©bec, l'annĂ©e scolaire 2024-2025 a dĂ©butĂ© avec 5 700 postes d'enseignants non pourvus malgrĂ© les efforts pour recruter davantage d'Ă©ducateurs[12]. Les Ă©coles publiques de MontrĂ©al ont eu du mal Ă  remplacer une vague d'enseignants partant Ă  la retraite, un dĂ©fi exacerbĂ© par l'augmentation des inscriptions d'Ă©lèves due Ă  l'immigration[12]. Cette pĂ©nurie s'Ă©tend aux spĂ©cialistes (par exemple, Ă©ducation spĂ©cialisĂ©e, psychologues), avec des centaines de postes vacants dans les commissions scolaires de la rĂ©gion de MontrĂ©al[13]. Les universitĂ©s embauchent Ă©galement des professeurs dans des domaines très demandĂ©s (par exemple, IA, ingĂ©nierie), bien que les contraintes budgĂ©taires limitent la croissance. Les salaires dans l'Ă©ducation ont rĂ©cemment augmentĂ© après des nĂ©gociations syndicales, mais les conditions de travail restent une prĂ©occupation, entraĂ®nant un taux d'attrition Ă©levĂ© en dĂ©but de carrière dans l'enseignement (plus d'un quart des nouveaux enseignants quĂ©bĂ©cois quittent la profession dans les 5 ans)[12]. Ă€ court terme, le secteur de l'Ă©ducation de MontrĂ©al s'appuiera sur des mesures telles que l'accĂ©lĂ©ration de la certification des enseignants non qualifiĂ©s et l'encouragement des retraitĂ©s Ă  revenir, pour combler les lacunes[12]. Ă€ long terme, les changements dĂ©mographiques (moins d'enfants d'âge scolaire après 2030) pourraient attĂ©nuer la demande, mais pour l'instant, l'Ă©ducation est un secteur sous tension – oĂą des emplois sont disponibles mais souvent difficiles Ă  pourvoir dans les conditions actuelles.

  • HĂ´tellerie et Tourisme : Après avoir Ă©tĂ© durement touchĂ© pendant la pandĂ©mie, le secteur de l'hĂ´tellerie et de la restauration de MontrĂ©al (restaurants, hĂ´tels, Ă©vĂ©nements, arts) a connu une reprise robuste du tourisme. 2023 et 2024 ont vu un afflux de visiteurs aux festivals, confĂ©rences et attractions de MontrĂ©al. Cela s'est traduit par une forte embauche dans les services d'hĂ©bergement et de restauration, et Ă  la mi-2025, l'emploi touristique au QuĂ©bec a dĂ©passĂ© les niveaux prĂ©-pandĂ©miques[14][15]. Cependant, la reprise de l'hĂ´tellerie est limitĂ©e par de graves pĂ©nuries de main-d'Ĺ“uvre. Les hĂ´tels Ă  MontrĂ©al et dans tout le QuĂ©bec ont signalĂ© de sĂ©rieux manques de personnel en 2023-2025, mĂŞme lorsque la demande de voyages atteint son sommet. Plus de 90 % des hĂ´tels quĂ©bĂ©cois interrogĂ©s rĂ©cemment ont dĂ©clarĂ© avoir du mal Ă  pourvoir des postes clĂ©s, la plupart des Ă©tablissements manquant de 3 Ă  10 travailleurs Ă  l'approche de l'Ă©tĂ© 2025[16]. Les postes Ă  bas salaire et Ă  horaires atypiques (femmes de chambre, personnel de cuisine, auditeurs de nuit) sont les plus difficiles Ă  pourvoir. La pĂ©nurie de main-d'Ĺ“uvre a Ă©tĂ© aggravĂ©e par des changements de politique – fin 2024, les gouvernements du QuĂ©bec et fĂ©dĂ©ral ont imposĂ© des limites plus strictes sur l'embauche de travailleurs Ă©trangers temporaires (plafonnant de nombreux hĂ´tels Ă  10 % de leur personnel issu du programme de travailleurs Ă©trangers temporaires, ou PTET)[16]. En consĂ©quence, certains hĂ´tels montrĂ©alais ont dĂ» rĂ©duire leurs services ou fermer des chambres malgrĂ© un taux d'occupation Ă©levĂ©, qualifiant la situation de « crise majeure »[16]. Les restaurants sont confrontĂ©s Ă  des problèmes similaires, rĂ©duisant souvent leurs heures en raison du manque de cuisiniers et de serveurs. Les salaires dans l'hĂ´tellerie et la restauration ont augmentĂ© (de nombreux hĂ´tels ont augmentĂ© les salaires et les avantages sociaux pour attirer les locaux), mais ces emplois restent moins attrayants pour les travailleurs nationaux, et l'industrie dĂ©pend traditionnellement des jeunes et des travailleurs immigrants. Ă€ l'avenir, le secteur de l'hĂ´tellerie et de la restauration de MontrĂ©al devrait rester fortement en demande de travailleurs, avec des initiatives en cours pour automatiser certaines tâches et amĂ©liorer les conditions de travail. Si les niveaux d'immigration restent Ă©levĂ©s et que les règles concernant les travailleurs temporaires sont assouplies, la pĂ©nurie de talents pourrait s'attĂ©nuer. Quoi qu'il en soit, l'Ă©conomie touristique dynamique de MontrĂ©al (y compris un calendrier de congrès chargĂ© et des Ă©vĂ©nements comme le Festival de Jazz et le Grand Prix) continuera de gĂ©nĂ©rer des emplois dans les hĂ´tels, les restaurants, les arts et le divertissement – faisant de l'hĂ´tellerie un secteur de croissance clĂ©, malgrĂ© des dĂ©fis de recrutement importants.

Dans d'autres secteurs notables : L'activité de la construction à Montréal a été saine, alimentée par d'importants projets d'infrastructure (projets ferroviaires et de ponts, nouveaux développements de condos). L'emploi dans la construction au Québec a légèrement augmenté à la mi-2025[8], et la silhouette de Montréal est parsemée de grues. Le secteur du commerce de gros et de détail est un autre point positif – le Québec a ajouté environ 13 800 emplois dans le commerce de détail rien qu'en juin 2025[8] grâce à l'ouverture de nouveaux supermarchés et magasins et à une forte saison estivale de magasinage qui a stimulé l'embauche. Le marché de l'emploi dans le commerce de détail à Montréal est robuste, en particulier pour les postes de niveau débutant. Parallèlement, le secteur du transport et de l'entreposage a connu un certain ralentissement en raison des perturbations du commerce mondial, mais le Port de Montréal et les entreprises de logistique locales investissent pour la croissance (par exemple, extensions d'entrepôts frigorifiques, améliorations ferroviaires). Le secteur de l'information et de la culture (y compris les importantes industries du film, de la télévision et des médias numériques de Montréal) est resté stable ; le financement gouvernemental et la production en continu ont maintenu les studios de cinéma occupés, bien que la grève des scénaristes nord-américains en 2025 ait provoqué une accalmie temporaire. Dans l'ensemble, le profil sectoriel de Montréal en 2025 est un mélange d'industries à forte croissance (technologie, sciences de la vie, médias créatifs), de secteurs stables mais contraints (finance, éducation, santé) et de quelques domaines en difficulté (fabrication traditionnelle, certaines industries des ressources). Cette économie diversifiée a aidé Montréal à résister à la volatilité économique nationale, la force de certains secteurs compensant souvent la faiblesse d'autres.

3. Postes clés et compétences recherchées

Le marché de l'emploi montréalais en 2025 se caractérise par une forte demande de talents dans un éventail de professions, des métiers spécialisés à la technologie en passant par les rôles de service. Voici quelques-uns des principaux postes à pourvoir et compétences recherchées identifiés :

  • Postes en technologie et ingĂ©nierie : Comme mentionnĂ©, le secteur technologique de MontrĂ©al est en plein essor, il n'est donc pas surprenant que les dĂ©veloppeurs de logiciels, les scientifiques de donnĂ©es, les ingĂ©nieurs en apprentissage automatique et les analystes en cybersĂ©curitĂ© figurent parmi les emplois les plus en demande. Les entreprises recrutent activement pour des postes en IA/apprentissage automatique, infonuagique, DevOps et soutien informatique. Des analyses nationales montrent que les compĂ©tences en intelligence artificielle, apprentissage automatique, analyse de donnĂ©es, cybersĂ©curitĂ©, architecture infonuagique et dĂ©veloppement de logiciels permettent d'obtenir des salaires Ă©levĂ©s[7]. Les nombreux studios de jeux vidĂ©o de MontrĂ©al recherchent Ă©galement des dĂ©veloppeurs de jeux, des concepteurs UX et des artistes 3D. En ingĂ©nierie, les ingĂ©nieurs Ă©lectriciens, mĂ©caniciens et aĂ©rospatiaux sont nĂ©cessaires aux fabricants et aux entreprises de matĂ©riel technologique. De manière cruciale, l'expĂ©rience avec des produits logiciels bilingues (français/anglais) ou un soutien informatique est un atout Ă  MontrĂ©al. La pĂ©nurie de talents technologiques signifie que mĂŞme les dĂ©veloppeurs juniors possĂ©dant les bonnes compĂ©tences sont rapidement embauchĂ©s. Les employeurs recherchent des candidats maĂ®trisant les langages de programmation (Python, Java, C++), les outils de donnĂ©es et les cadres d'IA, ainsi que ceux ayant de la crĂ©ativitĂ© et des capacitĂ©s de rĂ©solution de problèmes pour stimuler l'innovation.

  • Professions de la santĂ© et des services sociaux : MontrĂ©al a des postes continuellement ouverts pour les infirmiers autorisĂ©s (IA), les infirmiers auxiliaires, les aides-infirmiers, les prĂ©posĂ©s aux bĂ©nĂ©ficiaires, les inhalothĂ©rapeutes et d'autres professionnels de la santĂ© paramĂ©dicaux. Les infirmiers sont peut-ĂŞtre la profession la plus en demande en raison des pĂ©nuries chroniques – les hĂ´pitaux et les cliniques recrutent agressivement, offrant des primes Ă  la signature dans certains cas. Au-delĂ  des soins infirmiers, les mĂ©decins (mĂ©decins de famille, psychiatres), les pharmaciens, les technologues de laboratoire mĂ©dical et les techniciens en radiologie sont en demande. Les services de soins Ă  domicile et les Ă©tablissements de soins de longue durĂ©e ont besoin de prĂ©posĂ©s aux bĂ©nĂ©ficiaires et d'aides-soignants. Les compĂ©tences les plus recherchĂ©es dans ce domaine incluent l'expertise clinique, la compassion et souvent une communication bilingue avec les patients. Les agences de services sociaux recrutent Ă©galement des travailleurs sociaux, des psychologues et des conseillers pour soutenir la santĂ© communautaire et l'intĂ©gration des immigrants, reflĂ©tant l'accent mis par MontrĂ©al sur les services sociaux.

  • MĂ©tiers spĂ©cialisĂ©s et construction : Il existe une forte demande de travailleurs qualifiĂ©s Ă  MontrĂ©al. Les projets de construction et d'infrastructure en cours ont rendu les Ă©lectriciens, plombiers, charpentiers, techniciens en CVC (chauffage, ventilation et climatisation) et opĂ©rateurs d'Ă©quipement lourd très recherchĂ©s. Dans la fabrication et le transport, les soudeurs, machinistes, mĂ©caniciens industriels, mĂ©caniciens et chauffeurs de camion (permis classe 1/AZ) sont en pĂ©nurie – par exemple, les chauffeurs de camion longue distance se classent constamment parmi les professions les plus recherchĂ©es au Canada[17]. Le gouvernement provincial a une liste d'immigration simplifiĂ©e pour bon nombre de ces mĂ©tiers, soulignant leur demande[18]. Les apprentis et compagnons dans ces domaines peuvent trouver de nombreuses opportunitĂ©s, certains employeurs Ă©tant prĂŞts Ă  former sur le tas. Les Ă©lectriciens, en particulier, sont mis en Ă©vidence comme un emploi de premier plan Ă©mergent en 2025 compte tenu de l'essor de la construction et de la rĂ©novation de bâtiments[19]. Les compĂ©tences en soudage et fabrication mĂ©tallique sont nĂ©cessaires Ă  la fois dans la construction et dans les usines aĂ©rospatiales de MontrĂ©al. La capacitĂ© de parler un français fonctionnel est gĂ©nĂ©ralement requise sur les chantiers, et les certifications de sĂ©curitĂ© (par exemple, la carte ASP Construction) sont indispensables. Avec une cohorte vieillissante de travailleurs qualifiĂ©s qui partent Ă  la retraite, les perspectives pour les jeunes travailleurs des mĂ©tiers spĂ©cialisĂ©s Ă  MontrĂ©al sont excellentes.

  • Affaires, finance et administration : Un certain nombre d'emplois de bureau sont largement disponibles. Selon Randstad et d'autres agences de placement, les principaux postes Ă  pourvoir en 2025 incluent les adjoints administratifs, les techniciens comptables/teneurs de livres, les reprĂ©sentants du service Ă  la clientèle, les associĂ©s aux ventes et les gĂ©nĂ©ralistes en ressources humaines[19]. Ces rĂ´les sont essentiels dans toutes les industries – des bureaux d'entreprise aux chaĂ®nes de vente au dĂ©tail. Par exemple, MontrĂ©al a une forte demande d'adjoints administratifs et de gestionnaires de bureau bilingues, car de nombreuses entreprises opèrent en français et en anglais. Les analystes financiers et conseillers sont Ă©galement en demande Ă  mesure que le secteur financier se dĂ©veloppe (ce rĂ´le figurait parmi les 15 premiers au niveau national)[19]. Les comptables (CPA) ayant une expertise en IFRS et en fiscalitĂ© sont constamment nĂ©cessaires, en particulier dans les grandes firmes comptables et les sièges sociaux d'entreprise de MontrĂ©al. L'industrie de l'assurance recrute Ă©galement des experts en sinistres et souscripteurs[19]. En marketing et communications, il y a une demande de spĂ©cialistes en marketing numĂ©rique et de crĂ©ateurs de contenu, en particulier ceux qui peuvent produire du contenu dans les deux langues officielles. Les compĂ©tences clĂ©s recherchĂ©es par les employeurs dans ces rĂ´les commerciaux/administratifs incluent la maĂ®trise des logiciels de bureautique (Excel, systèmes CRM), les capacitĂ©s de service Ă  la clientèle, la coordination de projets et de solides compĂ©tences en communication (Ă©crite et orale). Pour de nombreux emplois de bureau de niveau dĂ©butant, la capacitĂ© multilingue (français/anglais) est soit requise, soit donne aux candidats un avantage clair, compte tenu de l'environnement bilingue de MontrĂ©al.

  • Emplois dans le commerce de dĂ©tail, l'hĂ´tellerie et les services : Comme mentionnĂ© dans l'aperçu sectoriel, les vendeurs au dĂ©tail, les caissiers et les commis au service Ă  la clientèle sont nombreux, stimulĂ©s par les nouvelles ouvertures de magasins et une saison touristique achalandĂ©e. En fait, les rĂ´les de vente au dĂ©tail et de service Ă  la clientèle dominent les principales offres d'emploi au Canada pour 2025[19]. Les grands employeurs du commerce de dĂ©tail de MontrĂ©al (comme les Ă©piceries Metro, les pharmacies et les centres commerciaux) recrutent constamment des associĂ©s aux ventes et des superviseurs de vente au dĂ©tail. Les compĂ©tences recherchĂ©es ici incluent une solide communication interpersonnelle, des techniques de vente et des compĂ©tences linguistiques pour aider une clientèle diversifiĂ©e. L'industrie de l'hĂ´tellerie offre de nombreux emplois pour les cuisiniers, chefs, barmans, serveurs et rĂ©ceptionnistes d'hĂ´tel. Bien que la rĂ©munĂ©ration dans ces rĂ´les soit plus faible, de nombreux employeurs augmentent les salaires ; par exemple, certains restaurants montrĂ©alais annoncent maintenant des salaires horaires plus Ă©levĂ©s pour attirer les cuisiniers en pleine pĂ©nurie. Les livreurs de repas et les manutentionnaires d'entrepĂ´t sont Ă©galement en demande en raison de la croissance du commerce Ă©lectronique. Notamment, le bilinguisme français-anglais est un atout majeur dans tous les emplois en contact avec la clientèle – une tendance très prononcĂ©e dans le secteur des services Ă  MontrĂ©al.

  • Professions crĂ©atives et culturelles : Le statut de MontrĂ©al en tant que capitale culturelle stimule la demande de professionnels crĂ©atifs tels que les graphistes, les producteurs multimĂ©dia et les Ă©quipes de tournage/tĂ©lĂ©vision. Les studios d'animation et d'effets visuels de la ville recherchent des animateurs 3D, des artistes VFX et des concepteurs de jeux. Il y a aussi une demande de traducteurs (anglais-français) Ă©tant donnĂ© les exigences linguistiques du QuĂ©bec pour les entreprises et une industrie de la traduction dynamique dans la ville. L'enseignement et le milieu universitaire recrutent (les universitĂ©s recrutant des professeurs dans des domaines en croissance comme l'IA, et les collèges ayant besoin d'instructeurs pour les programmes de formation professionnelle). Cependant, de nombreux domaines crĂ©atifs sont très compĂ©titifs, et les opportunitĂ©s peuvent ĂŞtre basĂ©es sur des contrats.

Dans toutes ces catégories, certaines compétences fondamentales sont constamment valorisées. Les employeurs de Montréal privilégient les compétences en communication bilingue, compte tenu du mélange de milieux de travail français et anglais de la ville. Les compétences numériques et la littératie technologique sont également importantes au-delà du seul secteur des TI – de la maîtrise d'Excel dans les emplois administratifs à l'utilisation de systèmes de PDV numériques dans le commerce de détail. L'adaptabilité et les compétences non techniques (travail d'équipe, service à la clientèle, résolution de problèmes) sont fréquemment citées par les employeurs comme des incontournables, d'autant plus que de nombreuses industries naviguent dans le changement et l'automatisation. De plus, les certifications et permis peuvent faire une grande différence : qu'il s'agisse d'une certification Sceau rouge pour les métiers, d'un CPA pour la comptabilité ou d'un PMP pour les gestionnaires de projet, les titres de compétences sont très recherchés. Le marché du travail étant relativement tendu dans de nombreux domaines, les chercheurs d'emploi qui possèdent le bon mélange de compétences techniques et linguistiques trouveront de nombreuses opportunités à Montréal. Même les candidats débutants (nouveaux diplômés, par exemple) sont encouragés à postuler, car de nombreux secteurs (du commerce de détail à la construction en passant par la technologie) sont prêts à former de nouveaux talents en raison de la rareté des travailleurs expérimentés[7].

4. Tendances salariales et repères de rémunération

Tendances salariales générales : Les salaires à Montréal sont à la hausse depuis quelques années, en partie en raison des pressions inflationnistes et des pénuries de talents. Cependant, le rythme d'augmentation se modère en 2025. Le salaire moyen à Montréal à la mi-2025 est d'environ 27,5 $ de l'heure, ce qui représente environ 57 000 $ par an pour un travailleur à temps plein[20]. C'est quelque peu inférieur à Toronto ou à l'Ouest canadien (reflétant le coût de la vie plus bas à Montréal), mais l'écart s'est réduit à mesure que les employeurs montréalais augmentent les salaires pour attirer les talents. La croissance salariale d'une année à l'autre à Montréal est estimée à environ 3-4 % en 2025. Par exemple, à l'échelle du Canada, les gains horaires moyens en juin 2025 étaient en hausse de 3,2 % d'une année à l'autre[4], et une augmentation similaire est observée au Québec. Ces gains sont inférieurs aux augmentations de plus de 5 % observées en 2022 lorsque l'inflation était plus élevée, ce qui indique que la croissance des salaires réels est modeste maintenant que l'inflation s'est ralentie.

Budgets d'augmentation salariale : Des enquêtes auprès des employeurs montrent que les entreprises prévoient des augmentations salariales d'environ 3,3 % pour 2025 en moyenne[21]. Il s'agit d'une légère baisse par rapport aux augmentations moyennes d'environ 3,6 % accordées en 2024[21], reflétant une perspective plus prudente. Notamment, cette augmentation prévue dépasse toujours l'inflation actuelle (qui est d'environ 2-3 %), ce qui signifie que de nombreux travailleurs devraient voir de petits gains de revenu réel. L'enquête sur la rémunération de Normandin Beaudry a souligné qu'une majorité d'employeurs ont maintenu leurs budgets d'augmentation pour 2025 inchangés par rapport aux projections antérieures, tandis qu'environ un tiers les ont réduits en raison des efforts de contrôle des coûts[21]. À Montréal, certaines industries offrent des augmentations supérieures à la moyenne : la finance et les assurances, le secteur public et les produits pharmaceutiques augmentent leurs budgets salariaux pour rester compétitifs et retenir les talents clés[21]. En revanche, les industries qui ont connu de fortes hausses de salaires ces dernières années (comme le développement de jeux vidéo, les télécommunications et l'entreposage) adoptent une approche plus conservatrice en 2025, réduisant parfois les budgets d'augmentation[22]. L'effet net est une convergence autour de la barre des 3 % pour la plupart des secteurs.

Rémunération par secteur/rôle : Les repères salariaux de Montréal varient considérablement selon le secteur :

  • Technologie : Les postes en technologie exigent des salaires Ă©levĂ©s Ă  MontrĂ©al, bien qu'encore un peu moins qu'Ă  Silicon Valley ou Ă  Toronto. Les ingĂ©nieurs logiciels Ă  MontrĂ©al peuvent s'attendre Ă  une fourchette d'environ 80 000 $ Ă  120 000 $ CA selon l'expĂ©rience et la spĂ©cialitĂ©, les architectes seniors ou les spĂ©cialistes en IA gagnant plus de 130 000 $ (tous les chiffres sont en dollars canadiens). Les scientifiques de donnĂ©es et les analystes en cybersĂ©curitĂ© voient souvent des salaires se situer dans la fourchette de 90 000 $ Ă  110 000 $. Un guide salarial technologique rĂ©cent a notĂ© que les postes technologiques de niveau dĂ©butant se situent en moyenne autour de 60 000 $, les postes de niveau intermĂ©diaire autour de 90 000 $, et les rĂ´les seniors/principaux bien au-delĂ  de six chiffres[23]. Bien que la rĂ©munĂ©ration technologique Ă  MontrĂ©al soit en moyenne ~10-15 % infĂ©rieure Ă  celle de Toronto, cet Ă©cart est compensĂ© par des coĂ»ts de logement plus bas. De plus, de nombreuses entreprises technologiques offrent des avantages sociaux compĂ©titifs comme les options d'achat d'actions, les horaires flexibles et les options de travail Ă  distance pour rendre leurs packages de rĂ©munĂ©ration plus attrayants.

  • Finance et entreprises : Les analystes financiers Ă  MontrĂ©al gagnent gĂ©nĂ©ralement entre 60 000 $ et 80 000 $, les gestionnaires financiers et les analystes en investissement dĂ©passant les 100 000 $[24][19]. Les grandes banques offrent souvent des primes aux titulaires de CFA bilingues ou aux experts en gestion des risques. Les comptables (CPA) en dĂ©but de carrière peuvent commencer autour de 55 000 $ Ă  65 000 $, pour atteindre plus de 80 000 $ avec quelques annĂ©es d'expĂ©rience. Les gĂ©nĂ©ralistes en RH et les chefs de projet sont très demandĂ©s ; le salaire d'un gĂ©nĂ©raliste en RH pourrait ĂŞtre d'environ 70 000 $[25], et celui des chefs de projet varie considĂ©rablement mais se situe en moyenne autour de 90 000 $ (plus Ă©levĂ© pour les projets informatiques). Le secteur public et le milieu universitaire Ă  MontrĂ©al ont souvent des salaires de base lĂ©gèrement infĂ©rieurs Ă  ceux du secteur privĂ©, mais compensent par de solides avantages sociaux et rĂ©gimes de retraite.

  • Fabrication et mĂ©tiers spĂ©cialisĂ©s : Les salaires des mĂ©tiers spĂ©cialisĂ©s ont augmentĂ© en raison des pĂ©nuries. Un Ă©lectricien ou un plombier expĂ©rimentĂ© Ă  MontrĂ©al peut gagner entre 30 $ et 40 $ de l'heure (environ 60 000 $ Ă  80 000 $ annuellement), plus les avantages sociaux – certains postes syndiquĂ©s dans la construction offrent des salaires horaires encore plus Ă©levĂ©s pour les grands projets. Les soudeurs gagnent en moyenne entre 25 $ et 30 $ de l'heure, et les machinistes dans l'aĂ©rospatiale peuvent gagner plus de 60 000 $. Les chauffeurs de camion en transport longue distance peuvent gagner 70 000 $ ou plus avec les heures supplĂ©mentaires. Le secteur manufacturier de MontrĂ©al comprend Ă©galement des usines syndiquĂ©es (par exemple, l'assemblage aĂ©rospatial) oĂą les travailleurs de la production peuvent gagner environ 25 $ de l'heure avec des progressions salariales structurĂ©es. Compte tenu de l'inflation, de nombreux syndicats de mĂ©tiers ont nĂ©gociĂ© des ajustements au coĂ»t de la vie, de sorte que 2024-2025 a vu des augmentations de salaire notables dans les emplois de la construction et des transports.

  • SantĂ© : Dans le secteur de la santĂ©, les infirmières et infirmiers autorisĂ©s (IA) au QuĂ©bec ont rĂ©cemment obtenu des augmentations de salaire ; un IA dans un hĂ´pital gagne maintenant environ $60 000 Ă  90 000 $ selon l'anciennetĂ© (plus les primes d'heures supplĂ©mentaires)[12][9]. Le nouveau contrat du gouvernement provincial a augmentĂ© les salaires des infirmières pour amĂ©liorer la rĂ©tention. Les mĂ©decins spĂ©cialistes Ă  MontrĂ©al peuvent gagner des salaires Ă  six chiffres (basĂ©s sur la facturation), tandis que les mĂ©decins de famille gagnent en moyenne moins. Les pharmaciens travaillant en milieu hospitalier ou en pharmacie de dĂ©tail peuvent gagner environ 100 000 $ annuellement. Les professionnels de la santĂ© paramĂ©dicaux (physiothĂ©rapeutes, technologues de laboratoire mĂ©dical) se situent gĂ©nĂ©ralement dans la fourchette de 55 000 $ Ă  80 000 $. Le coĂ»t de la vie Ă  MontrĂ©al Ă©tant infĂ©rieur Ă  celui de Vancouver/Toronto, ces salaires du secteur de la santĂ© permettent d'en faire un peu plus, mais on craint que les salaires ne doivent continuer d'augmenter pour Ă©viter que les talents ne partent vers des marchĂ©s mieux rĂ©munĂ©rĂ©s.

  • Éducation : Les enseignants Ă  MontrĂ©al (titulaires d'un baccalaurĂ©at et d'une certification appropriĂ©e) ont des salaires allant d'environ $45 000 (dĂ©butant) Ă  ~85 000 $ (enseignant expĂ©rimentĂ©)* selon les Ă©chelles salariales actuelles, après qu'une nouvelle entente provinciale ait accordĂ© des augmentations d'environ 17 % sur 5 ans[12]. Il existe Ă©galement des primes pour l'enseignement dans les zones Ă  forte demande. Les professeurs de cĂ©gep et d'universitĂ© ont une large fourchette, mais un chargĂ© de cours dĂ©butant pourrait gagner environ 60 000 $, tandis qu'un professeur titulaire peut gagner plus de 120 000 $. Les universitĂ©s rivalisent Ă©galement pour attirer des chercheurs vedettes (en particulier dans les domaines technologiques) avec des salaires plus Ă©levĂ©s et des fonds de recherche.

  • HĂ´tellerie et commerce de dĂ©tail : Ces secteurs ont traditionnellement des salaires plus bas, mais la concurrence intense pour les travailleurs a poussĂ© les salaires Ă  la hausse. De nombreux restaurants montrĂ©alais offrent maintenant 18 $ Ă  20 $ de l'heure aux cuisiniers de ligne, comparativement au salaire minimum (environ 15 $/heure) il y a quelques annĂ©es, afin de pourvoir les postes. Les femmes de chambre et les rĂ©ceptionnistes d'hĂ´tel peuvent gagner environ 18 $ Ă  22 $ de l'heure, certains hĂ´tels offrant des avantages supplĂ©mentaires ou des primes de rĂ©tention. Les associĂ©s aux ventes au dĂ©tail et les caissiers commencent souvent au salaire minimum ou lĂ©gèrement au-dessus, mais les grands employeurs (comme Costco et les Ă©piceries syndiquĂ©es) paient bien au-delĂ  – par exemple, un commis d'Ă©picerie syndiquĂ© avec de l'expĂ©rience peut gagner plus de 20 $/heure. De plus, les lois du travail de MontrĂ©al imposent des avantages comme les vacances payĂ©es et les congĂ©s parentaux, qui font partie de la rĂ©munĂ©ration totale. Il est Ă  noter que les postes rĂ©munĂ©rĂ©s au pourboire (serveurs, barmans) dans la vie nocturne animĂ©e de MontrĂ©al peuvent gĂ©nĂ©rer des pourboires substantiels, doublant souvent leur salaire de base.

Tendances en matière de rémunération : Quelques tendances clés façonnent les salaires à Montréal :

  • Rattrapage de l'inflation : L'inflation ayant fortement augmentĂ© en 2022, de nombreuses ententes salariales de 2023 ont Ă©tĂ© gĂ©nĂ©reuses. Maintenant, l'inflation est plus faible (environ 3 %), de sorte que la croissance salariale d'environ 3,3 % en 2025 maintient le salaire rĂ©el Ă  peu près stable[21]. Les travailleurs ne subissent plus l'Ă©rosion marquĂ©e des salaires rĂ©els de la pĂ©riode de forte inflation, mais ils ne constatent pas non plus de gains rĂ©els importants.

  • RĂ©tention et avantages : Parce que la rĂ©tention des talents est essentielle (comme en tĂ©moigne le fait que 85 % des entreprises ont du mal Ă  trouver de nouvelles recrues[10]), de nombreux employeurs ajoutent des avantages non salariaux. Ceux-ci incluent les options de travail hybride, les horaires flexibles, les avantages amĂ©liorĂ©s en matière d'assurance et de bien-ĂŞtre, et les primes. Les options d'achat d'actions et la participation aux bĂ©nĂ©fices sont courantes dans les entreprises technologiques et certaines entreprises manufacturières. Le secteur public a rĂ©agi en amĂ©liorant les conditions de travail (par exemple, rĂ©duction des heures supplĂ©mentaires obligatoires pour les infirmières, primes Ă  la signature pour les nouveaux enseignants) pour complĂ©ter les augmentations de salaire.

  • DiffĂ©rences par industrie : Les entreprises de jeux vidĂ©o et d'effets visuels (VFX) de MontrĂ©al, par exemple, payaient historiquement moins que leurs homologues amĂ©ricains, mais la demande croissante a entraĂ®nĂ© une croissance salariale significative et le dĂ©bauchage de talents. Inversement, les secteurs traditionnels confrontĂ©s Ă  des dĂ©fis Ă©conomiques (comme la presse Ă©crite ou certaines industries manufacturières lĂ©gères) ont limitĂ© la croissance des salaires et, dans certains cas, ont instituĂ© des gels ou des rĂ©ductions de salaires pour survivre.

  • RĂ©munĂ©ration des cadres et des travailleurs hautement qualifiĂ©s : Les salaires des cadres supĂ©rieurs dans les plus grandes entreprises de MontrĂ©al (par exemple, les PDG de banques, d'entreprises aĂ©rospatiales) se chiffrent en millions, comparables Ă  ceux d'autres villes. Pendant ce temps, certains secteurs hautement qualifiĂ©s comme la recherche en IA connaissent des salaires extrĂŞmement compĂ©titifs en raison de la demande mondiale – les meilleurs scientifiques en IA Ă  MontrĂ©al peuvent obtenir des packages de rĂ©munĂ©ration rivalisant avec ceux de la Silicon Valley, souvent avec le soutien de subventions gouvernementales.

En résumé, les niveaux de rémunération à Montréal en 2025 sont sains et augmentent progressivement, bien que non exorbitants. La ville reste plus abordable pour les employeurs (et les employés) que les marchés les plus chers du Canada, mais l'écart se réduit. Les entreprises prévoient des augmentations salariales modérées et se concentrent sur la rémunération globale pour attirer et retenir les talents. Le chômage étant plus élevé qu'il y a un an, les pressions salariales sont un peu moins fortes, mais les pénuries critiques dans des secteurs comme la santé, la technologie et les métiers spécialisés garantissent que la rémunération de ces rôles continuera de croître plus rapidement que la moyenne. Les travailleurs montréalais possédant des compétences recherchées sont en bonne position pour négocier une rémunération solide, surtout s'ils sont bilingues et mobiles, car plusieurs employeurs se disputent leur expertise.

5. Activité de recrutement des principaux employeurs et organisations

Montréal abrite de nombreux grands employeurs couvrant diverses industries, et leurs activités de recrutement offrent un aperçu de la santé du marché du travail. De nombreux grands employeurs de la ville ont intensifié leurs recrutements en 2025, tandis que quelques-uns ont subi des restructurations. Voici un aperçu des principaux employeurs et de leurs récentes tendances en matière de recrutement :

Principaux employeurs et taille de la main-d'œuvre : Les plus grands employeurs de Montréal comprennent des entreprises de transport, de télécommunications, de fabrication et de commerce de détail. Selon des rapports récents, les employeurs ayant la plus grande présence de main-d'œuvre dans la région de Montréal sont :

EmployeurIndustrieEffectif à Montréal (approx.)
Air CanadaCompagnie aérienne (siège social à Montréal)35 468 employés[10]
Bell CanadaTélécommunications35 069 employés[10]
Chemins de fer nationaux du Canada (CN)Transport ferroviaire18 405 employés[10]
Bombardier Inc.Fabrication aérospatiale17 000+ employés[10]
Metro Inc.Commerce de détail (épicerie)16 860 employés[10]

Sources : Rapport Les meilleurs employeurs de Montréal 2025[10].

Ces organisations ont un impact considérable sur l'emploi local. Air Canada, par exemple, a drastiquement réduit son personnel pendant la pandémie (de 36 000 à 16 000 au plus bas) mais est maintenant en train de recruter agressivement. La compagnie aérienne connaît « sa croissance d'employés la plus rapide de son histoire » en 2024-2025 alors qu'elle rétablit des routes et vise à atteindre 90 % du volume de vols d'avant la pandémie[10]. Le recrutement d'Air Canada s'étend des postes corporatifs (TI, marketing) au personnel de première ligne (pilotes, agents de bord, mécaniciens). De même, Bell Canada recrute dans des domaines tels que les techniciens de réseau 5G, les développeurs de logiciels et les ventes/marketing, reflétant l'expansion de l'opérateur de télécommunications dans les opérations sans fil et les médias[10]. Bell, dont le siège social est à Montréal, continue également d'offrir de nombreux emplois administratifs stables et a été reconnue pour sa culture d'entreprise en 2025[26].

Dans le secteur manufacturier, Bombardier s'est stabilisée après des années de restructuration. Elle se concentre désormais sur les avions d'affaires et a vu ses commandes augmenter. Bombardier recrute activement des ingénieurs, des techniciens et du personnel de production pour ses installations de Dorval et de Saint-Laurent[10]. Les perspectives récentes de l'entreprise sont optimistes, et elle s'est associée à des collèges locaux pour former des travailleurs de l'aérospatiale, ce qui indique des besoins de recrutement continus. Un autre acteur de l'aérospatiale, CAE Inc. (simulateurs de vol, formation), compte environ 3 000 employés à Montréal et recrute dans des domaines tels que la simulation logicielle, la cybersécurité et la formation aéronautique alors que les voyages mondiaux reprennent.

Les employeurs du secteur provincial et public sont également importants : le gouvernement du Québec (avec de nombreux bureaux à Montréal) et les réseaux de la santé (CIUSSS) emploient ensemble des dizaines de milliers de personnes. Ils ont recruté pour des postes tels que des spécialistes en TI, des chefs de projet, et bien sûr de nombreux professionnels de la santé. Le système de santé de Montréal est en pleine campagne de recrutement d'infirmières et de préposés aux bénéficiaires grâce au financement gouvernemental ; certains hôpitaux ont organisé des foires de recrutement internationales pour attirer du personnel. La STM (Société de transport de Montréal), un autre grand employeur, a recruté des chauffeurs d'autobus et des travailleurs de maintenance pour faire face aux extensions de services (comme le nouveau REM) et aux départs à la retraite.

Les institutions d'enseignement et de recherche comme l'Université McGill, l'Université de Montréal et la Commission scolaire English-Montréal sont également de grands employeurs. Alors que les universités recrutent selon un cycle académique (pourvoyant des postes de professeurs et de personnel de recherche chaque année), les commissions scolaires ont recruté des centaines d'enseignants, comme mentionné précédemment, pour faire face à la pénurie d'enseignants. Il y a également un fort recrutement pour les rôles de soutien (enseignants suppléants, aides-enseignants, éducateurs en garderie) dans l'ensemble du secteur de l'éducation de Montréal.

Principales initiatives de recrutement du secteur privé : Quelques exemples spécifiques d'activités de recrutement en 2025 :

  • Amazon et la logistique : Amazon a ouvert un nouveau centre de traitement des commandes sur la Rive-Sud de MontrĂ©al fin 2024 et continue de recruter des associĂ©s d'entrepĂ´t et des chauffeurs. L'essor de la logistique et du commerce Ă©lectronique signifie que des entreprises comme DHL et Purolator Ă©tendent Ă©galement leur effectif de distribution Ă  MontrĂ©al.

  • Studios de jeux vidĂ©o : Les gĂ©ants du jeu vidĂ©o avec des studios Ă  MontrĂ©al (Ubisoft, EA, WB Games, Gameloft) recrutent des dĂ©veloppeurs, bien qu'Ă  un rythme modĂ©rĂ© après une croissance rapide les annĂ©es prĂ©cĂ©dentes. L'industrie du jeu de MontrĂ©al a reçu un coup de pouce car certains projets initialement prĂ©vus ailleurs ont Ă©tĂ© dĂ©placĂ©s ici, en partie grâce aux incitatifs fiscaux provinciaux. Les studios indĂ©pendants sont Ă©galement en expansion.

  • Produits pharmaceutiques : Le secteur des sciences de la vie a vu Moderna achever son installation de Laval et commencer Ă  pourvoir des postes de production et de contrĂ´le qualitĂ©[11]. D'autres entreprises pharmaceutiques comme Merck, Novartis et des startups locales de biotechnologie (souvent dans le technoparc de la ville) ont affichĂ© des postes pour des chimistes, des biologistes et des techniciens en biofabrication. MontrĂ©al International, l'agence de dĂ©veloppement Ă©conomique, souligne que l'industrie pharmaceutique du Grand MontrĂ©al attire les investissements et, par consĂ©quent, les emplois[11].

  • PĂ´les financiers et technologiques : Les banques (RBC, Banque Nationale) ont des centres technologiques et de back-office Ă  MontrĂ©al et recrutent des analystes TI, du personnel des opĂ©rations financières et des reprĂ©sentants du service client. La Banque Nationale a ouvert un nouveau siège social en hauteur en 2023 et a augmentĂ© ses effectifs. Desjardins, la coopĂ©rative financière quĂ©bĂ©coise, recrute constamment Ă  MontrĂ©al pour des postes en finance et en assurance. Du cĂ´tĂ© technologique, Google et Microsoft ont tous deux des Ă©quipes de recherche en IA Ă  MontrĂ©al qui se sont dĂ©veloppĂ©es (l'Ă©quipe AI Brain de Google, l'investissement de Microsoft dans l'institut MILA AI), recrutant les meilleurs talents en IA.

Alors que de nombreux grands employeurs sont en mode croissance, certains ont été confrontés à des licenciements ou à des ralentissements :

  • L'industrie des effets visuels (VFX) de MontrĂ©al a connu quelques turbulences avec la fermeture d'une succursale montrĂ©alaise d'un studio international dĂ©but 2025, affectant quelques centaines d'emplois, bien que de nombreux travailleurs aient Ă©tĂ© absorbĂ©s par d'autres studios compte tenu de la forte demande pour les compĂ©tences en VFX.

  • ChaĂ®nes de vente au dĂ©tail : Quelques employeurs du commerce de dĂ©tail ont rĂ©duit leurs effectifs Ă  l'Ă©chelle nationale (par exemple, fermetures de certains grands magasins ou consolidations de chaĂ®nes de vĂŞtements), ce qui a affectĂ© les points de vente montrĂ©alais. Cependant, cet impact est relativement faible par rapport au vaste recrutement dans le commerce de dĂ©tail qui a lieu dans les Ă©piceries et les magasins spĂ©cialisĂ©s.

  • Startups et technologie : Ă€ l'Ă©chelle mondiale, le secteur technologique a connu des licenciements en 2022-2023 ; les startups montrĂ©alaises n'y ont pas Ă©chappĂ©. Les entreprises de crypto ou de technologie spĂ©culative ont rĂ©duit leurs effectifs. En 2025, ce secteur s'est largement stabilisĂ© et le recrutement a repris, mais en mettant l'accent sur une croissance durable. Le sentiment gĂ©nĂ©ral au sein de la communautĂ© technologique de MontrĂ©al est optimiste en raison des atouts de la ville en IA et en jeux vidĂ©o, comme en tĂ©moigne l'intĂ©rĂŞt continu des grandes entreprises Ă  y installer des laboratoires.

Recrutement par les grandes organisations : Il convient également de noter le rôle des programmes de recrutement gouvernementaux. Le gouvernement fédéral a une présence significative à Montréal (par exemple, les bureaux de l'ARC, de Statistique Canada) et a recruté pour la prestation de services et les programmes liés à l'immigration (compte tenu de l'afflux de nouveaux arrivants à Montréal). La volonté du gouvernement du Québec d'améliorer les services publics se traduit par davantage de recrutements dans les services sociaux, la santé et l'éducation.

De plus, les agences de placement et la main-d'œuvre à la tâche font partie de la dynamique du marché du travail montréalais. De nombreuses grandes entreprises utilisent des agences pour pourvoir des postes temporaires – par exemple, pendant la saison estivale des festivals, il y a une forte demande de personnel temporaire dans l'événementiel, la sécurité et l'hôtellerie, souvent coordonnée par des agences.

En résumé, les grands employeurs de Montréal augmentent généralement leurs effectifs en 2025, signe de confiance dans l'économie locale. Les plus grandes entreprises de la ville (Air Canada, Bell, CN, Bombardier, etc.) sont soit en train de retrouver leurs effectifs d'avant la pandémie, soit de les dépasser. Leurs recrutements couvrent un large éventail d'emplois – corporatifs, techniques et cols bleus. Combinée à un recrutement constant dans les services publics, cette activité des grands employeurs constitue une base solide pour le marché du travail. Les défis qui subsistent sont plutôt de trouver suffisamment de candidats qualifiés (comme en témoigne le fait que 85 % des entreprises ont du mal à recruter[10]) qu'un manque d'offres d'emploi. Ainsi, pour les chercheurs d'emploi, les grands employeurs de Montréal offrent de nombreuses opportunités, tandis que pour les employeurs, attirer et retenir les talents est une priorité absolue qui guide leurs efforts en RH en 2025.

6. Dynamique du travail Ă  distance vs sur site

Paysage post-pandémique : La pandémie de COVID-19 a modifié de façon permanente les modes de travail à Montréal, comme ailleurs. En 2025, les modalités de travail à distance et hybrides restent une caractéristique importante du marché du travail, bien qu'il y ait eu un certain retour au travail en personne par rapport à la période de pointe de la pandémie. De nombreuses organisations à Montréal ont adopté un modèle de travail hybride, demandant aux employés d'être au bureau quelques jours par semaine et permettant le télétravail les autres jours. Des postes entièrement à distance existent également, mais le modèle hybride est plus courant maintenant.

Tendances des offres d'emploi : Les données du début de 2025 montrent qu'à travers le Canada, près d'un tiers (29 %) des nouvelles offres d'emploi concernent des postes hybrides, soit plus du double de la proportion d'offres entièrement à distance (~12 %)[27]. Le reste (environ 59 à 60 %) sont des emplois entièrement sur site[27]. Montréal reflète cette tendance nationale. Des secteurs comme la technologie et le marketing affichent la plus grande proportion d'offres favorables au télétravail – par exemple, environ 37 % des offres d'emploi en technologie étaient hybrides et 18 % entièrement à distance au T1 2025 (à l'échelle du Canada)[27]. En revanche, des domaines comme le soutien administratif, les RH et le juridique affichaient la grande majorité des offres comme étant sur site (plus de 80 % sur site pour les rôles administratifs)[27], reflétant le besoin d'une présence en personne ou la nature du travail. Compte tenu de la diversité des emplois à Montréal, on peut observer que les emplois dans la technologie, la finance et les services professionnels en ville offrent souvent des options hybrides, tandis que les emplois dans la fabrication, la santé, le commerce de détail et l'hôtellerie sont majoritairement sur site par nécessité.

Préférences des travailleurs : Les sondages indiquent que les travailleurs montréalais, comme ceux d'ailleurs au Canada, accordent une grande importance à la flexibilité. Près de la moitié des professionnels canadiens (49 %) préféreraient un mode de travail hybride, et environ 26 % choisiraient un emploi entièrement à distance – ce qui signifie qu'environ 75 % souhaitent au moins une composante de télétravail. Seuls 24 % préfèrent être entièrement au bureau à temps plein[27]. Ces préférences influencent clairement les employeurs montréalais, dont beaucoup promeuvent le travail flexible comme argument de vente. En fait, 66 % des travailleurs citent la flexibilité quant au moment et au lieu de travail comme un facteur clé de satisfaction et de rétention au travail[27]. Les employeurs confrontés à des pénuries de talents (et Montréal en compte beaucoup) savent qu'ils doivent offrir des configurations à distance ou hybrides pour attirer les candidats. Par exemple, les entreprises informatiques, les banques et même les ministères à Montréal ont maintenu leurs politiques hybrides en 2025, souvent avec 2 à 3 jours au bureau par semaine.

Arrangements hybrides : L'arrangement hybride typique à Montréal tend à exiger la présence des employés sur site certains jours clés (par exemple du mardi au jeudi) et permet le télétravail les autres jours. Certaines entreprises ont des jours d'équipe fixes pour les réunions en personne et laissent les autres jours flexibles. Une dynamique montréalaise notable est l'effort de revitalisation du centre-ville – les autorités locales et les entreprises ont encouragé les travailleurs à retourner au bureau pour soutenir le commerce du centre-ville. Le gouvernement du Québec a même exigé de ses fonctionnaires qu'ils passent plus de jours au bureau à partir de 2023. En conséquence, les bureaux du centre-ville de Montréal se sont progressivement remplis ; à la mi-2025, le taux d'occupation des bureaux s'est amélioré, bien qu'il n'ait pas atteint les niveaux de 2019. De nombreux employeurs montréalais signalent que leurs bureaux sont occupés à environ 50-80 % les jours de pointe, mais presque vides les jours de télétravail autorisés (comme les vendredis).

Disponibilité des emplois à distance : Montréal compte un nombre substantiel d'emplois entièrement à distance, notamment dans l'informatique, le service client (centres d'appels) et des rôles comme la rédaction de contenu ou la conception graphique qui peuvent être effectués de n'importe où. Il est courant de voir des offres explicitement marquées « Télétravail » ou hybrides. Certaines entreprises montréalaises embauchent même des travailleurs à distance vivant ailleurs au Québec ou au Canada pour élargir leur bassin de talents. Inversement, certains résidents montréalais travaillent à distance pour des employeurs situés dans d'autres provinces ou pays, « exportant » ainsi leur travail depuis leur bureau à domicile. Cette dynamique est facilitée par la bonne infrastructure internet de Montréal et l'expérience acquise pendant la pandémie.

Tendances au fil du temps : Il est important de noter que la prévalence du travail hybride/à distance, qui a culminé en 2020, s'est stabilisée et a légèrement diminué en 2023-2024, alors que davantage d'organisations tentaient de faire revenir leurs employés. Cependant, la tendance ne s'est pas inversée de manière spectaculaire – les modalités de travail flexibles se sont avérées persistantes. En 2024, la proportion d'offres d'emploi entièrement sur site au Canada était tombée à environ 61-63 %, contre plus de 80 % début 2023[27]. En 2025, ce chiffre est passé sous la barre des 60 %[27], montrant que les employeurs continuent d'offrir de la flexibilité à peu près au même rythme, voire un peu plus. Montréal est en phase avec cette tendance ; les exigences de retour au bureau n'ont eu qu'un succès partiel, et de nombreuses entreprises se sont adaptées à une nouvelle normalité de travail partiellement à distance. Il est à noter que certaines entreprises de premier plan ont tenté des retours au bureau plus stricts en 2023, mais les ont assouplis après des réactions négatives des employés ou des préoccupations concernant la productivité. Les discussions sur Reddit parmi les Montréalais reflètent que certains emplois « hybrides » sont discrètement redevenus majoritairement sur site, provoquant de la frustration[28], tandis que d'autres sont restés permissifs. Le résultat varie selon l'employeur.

Dynamiques sectorielles spécifiques :

  • Dans la technologie et le jeu vidĂ©o, les entreprises montrĂ©alaises autorisent souvent le travail entièrement Ă  distance ou hybride pour rivaliser avec les employeurs technologiques mondiaux. Les startups peuvent ĂŞtre « remote-first ».

  • Dans la finance et la banque, les grandes banques montrĂ©alaises souhaitaient initialement plus de travail en personne pour la collaboration, mais beaucoup se sont tournĂ©es vers le modèle hybride (par exemple, RBC et d'autres utilisant des modèles de 2 Ă  3 jours au bureau).

  • Le secteur public a des règles plus claires : par exemple, de nombreux bureaux fĂ©dĂ©raux Ă  MontrĂ©al exigent 2 Ă  3 jours de prĂ©sence au bureau par semaine. Les bureaux provinciaux sont similaires. Les rĂ´les en contact avec le public (guichets de service, tribunaux) sont bien sĂ»r sur site.

  • Éducation : Les universitĂ©s sont revenues Ă  des cours majoritairement en personne, mais les options Ă  distance pour les rĂ©unions administratives ou certaines classes de formation continue persistent. De nombreux professeurs ont des horaires flexibles lorsqu'ils n'enseignent pas.

  • Centres d'appels et support client : Beaucoup d'entre eux sont restĂ©s Ă  distance ou sont passĂ©s au mode hybride de manière permanente, ce qui est notable car avant la pandĂ©mie, ils Ă©taient presque entièrement sur site. Ce changement a ouvert des opportunitĂ©s aux personnes de tout le QuĂ©bec de travailler Ă  distance pour des centres basĂ©s Ă  MontrĂ©al.

Avantages et défis : La poursuite du travail à distance présente des avantages pour l'attraction des talents à Montréal. Elle permet aux entreprises de puiser dans les talents en dehors de la ville (utile compte tenu de la pénurie de main-d'œuvre plus large au Québec) et offre aux travailleurs un meilleur équilibre vie professionnelle-vie privée, que 81 % des Canadiens déclarent vouloir maintenir en 2025[29]. De nombreuses entreprises montréalaises citent le travail flexible comme un avantage dans leurs offres d'emploi, sachant que cela peut stimuler la rétention[27]. D'un autre côté, il y a des défis : certains employeurs s'inquiètent de la cohésion d'équipe et de la formation à distance du nouveau personnel. Il y a aussi un effet géographique intéressant – la main-d'œuvre multilingue de Montréal a des opportunités de travailler à distance pour des entreprises mondiales, ce qui signifie que les entreprises locales sont en concurrence sur la flexibilité avec des employeurs bien au-delà de Montréal.

Espaces de co-working et infrastructure hybride : Montréal a connu une croissance des espaces de co-working et des arrangements de bureaux « en hôtellerie » pour s'adapter au travail hybride. Les entreprises ont réduit la taille de leurs bureaux ou réaménagé les espaces pour la collaboration plutôt que pour des rangées de cubicules. Les habitudes d'utilisation des transports en commun de la ville ont également changé – avec des pics désormais en milieu de semaine et une fréquentation plus faible les lundis et vendredis, reflétant les jours de télétravail.

En conclusion, les dynamiques travail à distance vs sur site à Montréal (2025) consistent à trouver un équilibre. La ville a largement adopté le travail hybride comme modèle durable, avec une minorité significative de rôles entièrement à distance. La tendance s'est stabilisée – nous n'observons pas de grands retours à 100 % au bureau, ni d'expansion du travail entièrement à distance au-delà des niveaux actuels. Au lieu de cela, le travail flexible est désormais une caractéristique bien ancrée du marché du travail montréalais, influençant la manière dont les employeurs recrutent et dont les travailleurs choisissent leurs emplois. Les entreprises qui insistent sur une présence à temps plein au bureau sont de plus en plus minoritaires (souvent pour des emplois qui l'exigent vraiment ou pour des raisons de culture d'entreprise), et elles risquent de perdre des talents au profit de concurrents plus flexibles. Compte tenu de la forte préférence des travailleurs pour le mode hybride, il est probable que les pratiques favorables au télétravail se poursuivront à Montréal dans un avenir prévisible, rendant la ville similaire aux autres grandes métropoles nord-américaines s'adaptant au paradigme du travail post-pandémie.

7. Aperçus des sources de données publiques et des rapports

Une multitude de données provenant d'organismes publics et d'analyses du marché du travail offre un aperçu du marché du travail montréalais en 2025. Les principaux points à retenir des sources telles que Statistique Canada, Emploi Québec, LinkedIn, Indeed et les organismes de développement économique locaux incluent :

  • Statistique Canada et l'ISQ du QuĂ©bec : Les statistiques officielles brossent un tableau gĂ©nĂ©ral. Selon l'EnquĂŞte sur la population active de Statistique Canada, le QuĂ©bec a créé 23 000 emplois en juin 2025, rebondissant après les pertes de mai[3]. Cependant, comme la population active a augmentĂ© encore plus, le taux de chĂ´mage du QuĂ©bec a atteint 6,3 % – son plus haut niveau depuis 2021[3]. Le taux de chĂ´mage de MontrĂ©al (8,6 % non dĂ©saisonnalisĂ© en juin) Ă©tait parmi les plus Ă©levĂ©s de la province[3]. D'une annĂ©e sur l'autre, le nombre de chĂ´meurs Ă  MontrĂ©al a augmentĂ© d'environ 8 Ă  9 %, ce qui est conforme Ă  la tendance provinciale[3]. La participation au marchĂ© du travail Ă  MontrĂ©al a lĂ©gèrement diminuĂ© (le taux d'activitĂ© de la ville est passĂ© de 68,2 % en 2023 Ă  65,9 % en 2024)[30], possiblement en raison de travailleurs prenant leur retraite ou quittant la population active. Les donnĂ©es de Statistique Canada mettent Ă©galement en Ă©vidence le chĂ´mage des jeunes Ă  MontrĂ©al (environ 14 % pour les 15-24 ans) qui, bien qu'Ă©levĂ©, est comparable aux tendances nationales et supĂ©rieur aux normes prĂ©-pandĂ©miques. Dans l'ensemble, les donnĂ©es officielles confirment que le marchĂ© du travail montrĂ©alais s'est ralenti en 2024-2025 après une forte reprise, mais reste fondamentalement solide, l'emploi total en 2025 Ă©tant toujours supĂ©rieur aux niveaux de 2019.

  • Bulletins d'Emploi QuĂ©bec (Ministère du Travail) : Les bulletins mensuels sur le marchĂ© du travail du gouvernement du QuĂ©bec pour MontrĂ©al fournissent des informations dĂ©taillĂ©es. Le bulletin du marchĂ© du travail de MontrĂ©al de juillet 2025 (couvrant les donnĂ©es de juin) note le virage vers les emplois Ă  temps partiel – MontrĂ©al a enregistrĂ© +8 400 emplois Ă  temps partiel contre -14 400 emplois Ă  temps plein au cours du mois[1]. Il souligne Ă©galement que juin a Ă©tĂ© le troisième mois consĂ©cutif d'augmentation du chĂ´mage Ă  MontrĂ©al, atteignant 8,9 % (dĂ©saisonnalisĂ©)[1]. Ces bulletins mettent souvent en lumière des secteurs : par exemple, un numĂ©ro a soulignĂ© « La photonique : un secteur Ă©mergent » Ă  MontrĂ©al, notant plus de 100 entreprises de photonique avec environ 12 000 emplois dans la rĂ©gion (en 2019) et un fort potentiel de croissance, MontrĂ©al Ă©tant un pĂ´le clĂ© (55 % des emplois en photonique du QuĂ©bec)[1]. Emploi QuĂ©bec suit Ă©galement l'actualitĂ© Ă©conomique : des bulletins rĂ©cents ont listĂ© des projets d'investissement (par exemple, des dĂ©veloppements immobiliers par le Groupe HD Immobilier crĂ©ant des emplois dans la construction) et des avis de licenciements majeurs. Un exemple : la fermeture indĂ©finie de certaines scieries dans le nord du QuĂ©bec en raison de tarifs douaniers a Ă©tĂ© notĂ©e, bien que cela soit en dehors de MontrĂ©al[3]. Du cĂ´tĂ© positif, les investissements majeurs Ă  MontrĂ©al comme de nouvelles tours rĂ©sidentielles ou des expansions de campus technologiques sont comptabilisĂ©s comme de futurs crĂ©ateurs d'emplois. Ces rapports rĂ©gionaux d'Emploi QuĂ©bec corroborent que les dĂ©fis actuels de MontrĂ©al incluent un changement structurel dans la nature des emplois (plus de rĂ´les Ă  temps partiel) et un besoin de perfectionnement de la main-d'Ĺ“uvre dans les industries Ă©mergentes (comme la photonique, l'IA, les technologies propres).

  • AgrĂ©gateurs d'offres d'emploi (LinkedIn, Indeed) : Les donnĂ©es des plateformes d'emploi en ligne montrent les points chauds de la demande Ă  MontrĂ©al. Un Rapport sur la main-d'Ĺ“uvre de LinkedIn (juin 2025) pour le QuĂ©bec a soulignĂ© d'importants gains mensuels dans le commerce de gros/de dĂ©tail (+13 800 emplois) et la construction dans la province[8]. Il a Ă©galement notĂ© la croissance des services professionnels/techniques au QuĂ©bec, en accord avec les embauches technologiques de MontrĂ©al[8]. Pour les chercheurs d'emploi, le conseil de LinkedIn Ă©tait que les opportunitĂ©s de niveau dĂ©butant abondent dans le commerce de dĂ©tail et l'hĂ´tellerie compte tenu de la forte demande, tandis que ceux de la technologie et de l'ingĂ©nierie devraient se tourner vers l'« industrie du jeu vidĂ©o/IA » de MontrĂ©al qui continue de prospĂ©rer[8]. Sur Indeed, MontrĂ©al affiche constamment un volume Ă©levĂ© d'offres – en aoĂ»t 2025, plus de 36 000 offres d'emploi Ă©taient actives dans la rĂ©gion de MontrĂ©al[31]. Les donnĂ©es d'Indeed montrent des listes significatives dans le service client, l'informatique, la comptabilitĂ©, l'entreposage et les soins de santĂ©. Le ratio d'offres d'emploi par rapport aux chercheurs d'emploi Ă  MontrĂ©al est encore assez serrĂ© par rapport aux normes historiques, ce qui explique pourquoi de nombreux employeurs signalent des difficultĂ©s Ă  embaucher. De plus, les tendances de recherche indiquent que les chercheurs d'emploi montrĂ©alais recherchent frĂ©quemment des « emplois Ă  distance », des emplois « anglais seulement » et des rĂ´les dans la technologie et la finance, reflĂ©tant la nature bilingue et la composition sectorielle de la ville.

  • Organismes de dĂ©veloppement Ă©conomique locaux : Des organisations comme MontrĂ©al International et la Chambre de commerce du MontrĂ©al mĂ©tropolitain produisent des analyses sur les tendances Ă©conomiques et du travail. MontrĂ©al International a soulignĂ© le succès dans l'attraction des investissements Ă©trangers : par exemple, 12 projets majeurs en sciences de la vie en 2021 Ă©valuĂ©s Ă  281 M$ ont Ă©tĂ© facilitĂ©s[11], et cet Ă©lan s'est poursuivi en 2023-2024 avec de grandes rĂ©ussites comme l'installation de Moderna. Ils soulignent que le bassin de talents de MontrĂ©al (en particulier en STIM, avec 40 000 Ă©tudiants dans les programmes de sciences de la vie et 80 % de l'Ă©cosystème des sciences de la vie et technologies de la santĂ© du QuĂ©bec Ă  MontrĂ©al) est un argument de vente clĂ© pour les investisseurs[11]. Les sondages de la Chambre de commerce dĂ©but 2025 suggĂ©raient que les entreprises montrĂ©alaises Ă©taient prĂ©occupĂ©es par les pĂ©nuries de main-d'Ĺ“uvre et l'abordabilitĂ© du logement pour les travailleurs, mais restaient gĂ©nĂ©ralement optimistes quant Ă  la croissance. Les donnĂ©es publiques d'Investissement QuĂ©bec et d'autres soulignent Ă©galement quelles professions ont de bonnes perspectives. Les perspectives 2024-2026 de la Banque d'emplois fĂ©dĂ©rale pour MontrĂ©al montrent que la plupart des professions sont classĂ©es « ModĂ©rĂ©es » ou « Bonnes » en termes de perspectives, avec très peu de professions classĂ©es « LimitĂ©es », Ă  l'exception de certains rĂ´les de bureau qui sont progressivement Ă©liminĂ©s par la technologie[32]. Cela signale un besoin gĂ©nĂ©ralisĂ© de travailleurs dans la plupart des domaines.

  • DĂ©fis du marchĂ© du travail (selon les donnĂ©es) : Les donnĂ©es publiques mettent Ă©galement en lumière les dĂ©fis. DĂ©mographie : Statistique Canada a signalĂ© que le Canada connaĂ®t un nombre record de dĂ©parts Ă  la retraite ; le QuĂ©bec, en particulier, a une main-d'Ĺ“uvre vieillissante. La croissance de la population en âge de travailler Ă  MontrĂ©al dĂ©pend dĂ©sormais presque entièrement de l'immigration internationale, qui Ă©tait très Ă©levĂ©e en 2022-2023 et a depuis quelque peu ralenti[5]. Cet afflux a en fait maintenu la croissance de la population active de MontrĂ©al positive, mais a Ă©galement contribuĂ© Ă  un taux de chĂ´mage plus Ă©levĂ©, car les nouveaux arrivants prennent initialement du temps pour trouver un emploi[5]. Taux de postes vacants : Les donnĂ©es sur les postes vacants de Statistique Canada (T1 2025) ont montrĂ© que les postes vacants diminuaient par rapport aux sommets de 2022, mais restaient supĂ©rieurs aux niveaux prĂ©-pandĂ©miques au QuĂ©bec. MontrĂ©al a enregistrĂ© des postes vacants notables dans les soins de santĂ©, l'hĂ©bergement/restauration et la fabrication. DonnĂ©es syndicales et salariales : Les donnĂ©es de l'Institut de la statistique du QuĂ©bec ont indiquĂ© que les gains hebdomadaires moyens Ă  MontrĂ©al sont en hausse d'une annĂ©e Ă  l'autre, mais une fois ajustĂ©s Ă  l'inflation, les salaires rĂ©els ont Ă  peine rattrapĂ© les niveaux de 2019 – ce qui signifie que le pouvoir d'achat du travailleur moyen est Ă  peu près revenu Ă  son niveau de rĂ©fĂ©rence prĂ©-pandĂ©mique après une baisse en 2021-2022. Enfin, les sources gouvernementales notent les compĂ©tences linguistiques comme un problème : MontrĂ©al dispose d'une main-d'Ĺ“uvre bilingue solide, mais Ă  mesure que l'Ă©conomie croĂ®t, il y a une demande pour davantage de professionnels francophones dans certains secteurs (le gouvernement provincial a promulguĂ© des lois comme la Loi 96 pour renforcer le français au travail, ce qui peut affecter les pratiques d'embauche pour les non-francophones).

En somme, les sources de données publiques corroborent bon nombre des tendances abordées dans ce rapport : un marché du travail en ralentissement mais stable, des changements sectoriels (croissance des services, pression dans les industries exposées au commerce), une forte demande de main-d'œuvre concurrente de pénuries de talents, et le rôle crucial des facteurs démographiques et politiques. Ces sources ajoutent de la crédibilité et du contexte – par exemple, les chiffres de Statistique Canada quantifient l'augmentation du chômage, tandis que les rapports qualitatifs d'Emploi Québec l'expliquent dans son contexte (comme les changements entre temps partiel et temps plein). Les informations de LinkedIn/Indeed montrent la tension du marché du travail en temps réel et les rôles en demande, et les agences locales soulignent les forces stratégiques de Montréal (talents, immigration, innovation) ainsi que ses points faibles (vieillissement de la population, besoin de développement des compétences). Ensemble, ces données publiques dressent le tableau d'un marché du travail montréalais dynamique en 2025 qui s'adapte aux vents contraires économiques tout en tirant parti de ses forces fondamentales.

8. Défis du marché du travail : Pénuries de talents, démographie et impacts des politiques

Malgré sa trajectoire généralement positive, le marché du travail montréalais est confronté à plusieurs défis et problèmes structurels qui pourraient nuire à sa performance. Les plus importants d'entre eux comprennent les pénuries de talents dans des domaines critiques, les changements démographiques (vieillissement et migration) et les changements politiques ou réglementaires affectant l'offre et la demande de main-d'œuvre.

Pénuries de talents et inadéquation des compétences : De nombreux employeurs montréalais continuent de signaler des difficultés à trouver des travailleurs possédant les bonnes compétences. Ce fossé des compétences s'étend à plusieurs industries :

  • Dans la technologie, comme mentionnĂ©, le chĂ´mage est extrĂŞmement bas et les entreprises ont du mal Ă  embaucher des candidats qualifiĂ©s en IA, en dĂ©veloppement de logiciels et en science des donnĂ©es. Une enquĂŞte de Robert Half a rĂ©vĂ©lĂ© que 88 % des leaders technologiques canadiens ne trouvent pas suffisamment de candidats qualifiĂ©s pour les postes informatiques ouverts[7]. Le secteur de l'IA en plein essor Ă  MontrĂ©al, bien que bĂ©nĂ©fique, intensifie la concurrence pour un bassin limitĂ© d'experts en apprentissage automatique. Les petites startups perdent souvent des talents au profit de plus grands acteurs ou d'entreprises Ă©trangères qui peuvent payer davantage. Il y a un besoin urgent de former ou de requalifier les travailleurs pour la technologie – les universitĂ©s locales et les bootcamps Ă©largissent leurs programmes, mais il faudra du temps pour satisfaire la demande.

  • Dans les soins de santĂ©, la pĂ©nurie d'infirmières et de mĂ©decins est aiguĂ«. Comme indiquĂ©, près de la moitiĂ© des jeunes infirmières quittent la profession en raison de l'Ă©puisement professionnel ou de meilleures opportunitĂ©s[9], entraĂ®nant des postes vacants chroniques dans les hĂ´pitaux. Les urgences et les cliniques de MontrĂ©al rĂ©duisent rĂ©gulièrement leurs heures en raison du manque de personnel, et les retards chirurgicaux persistent en partie pour cette raison[33]. Les efforts de recrutement Ă  l'Ă©tranger ont eu un succès mitigĂ© en raison des obstacles Ă  l'obtention de permis et des exigences linguistiques. D'autres rĂ´les dans le domaine de la santĂ©, comme les prĂ©posĂ©s aux bĂ©nĂ©ficiaires, les techniciens de laboratoire et les ambulanciers, sont Ă©galement confrontĂ©s Ă  des pĂ©nuries. Cette crise des talents dans les soins de santĂ© est une prĂ©occupation majeure Ă  mesure que la population vieillit.

  • Les mĂ©tiers spĂ©cialisĂ©s reprĂ©sentent un autre domaine lacunaire. Une gĂ©nĂ©ration de gens de mĂ©tier prend sa retraite Ă  travers le QuĂ©bec, et pas assez de jeunes n'entrent dans ces carrières. Le boom de la construction Ă  MontrĂ©al est menacĂ© s'il ne peut pas fournir suffisamment d'Ă©lectriciens, de soudeurs, de plombiers, etc. Les compagnons sont si rares que les coĂ»ts des projets augmentent. Le gouvernement provincial a tentĂ© des incitations (comme des bourses pour les Ă©coles de mĂ©tiers) et a simplifiĂ© l'immigration pour les mĂ©tiers, mais les perceptions sociales des carrières de mĂ©tiers et les barrières linguistiques pour les immigrants posent des dĂ©fis.

  • Talents bilingues : La nature bilingue de MontrĂ©al signifie que de nombreux rĂ´les exigent la maĂ®trise du français et de l'anglais. Les employeurs trouvent souvent des candidats compĂ©tents dans une langue mais pas dans l'autre. Par exemple, l'industrie du jeu vidĂ©o en pleine croissance a besoin de codeurs anglophones et d'experts en localisation française – une combinaison difficile Ă  trouver. De mĂŞme, les centres de service Ă  la clientèle ont besoin d'agents bilingues. Cela peut ralentir l'embauche, surtout lors du recrutement en dehors du QuĂ©bec. Les lois linguistiques (Loi 96) imposent dĂ©sormais une plus grande utilisation du français sur les lieux de travail, ce qui pourrait limiter davantage le bassin de candidats pour certains rĂ´les (par exemple, toutes les communications doivent ĂŞtre en français, de sorte que les non-francophones ont du mal Ă  s'intĂ©grer).

  • Secteurs Ă©mergents et Ă©conomie verte : Ă€ mesure que de nouveaux domaines comme les technologies propres, les Ă©nergies renouvelables et la fabrication de pointe (par exemple, la photonique) Ă©mergent, il y a souvent une inadĂ©quation oĂą la formation locale n'a pas encore rattrapĂ© son retard. Les entreprises doivent importer des talents ou former en interne, ce qui peut ĂŞtre plus lent. L'ambition de MontrĂ©al d'ĂŞtre un leader dans des domaines comme l'informatique quantique ou les vĂ©hicules Ă©lectriques, par exemple, dĂ©pend de la culture de compĂ©tences spĂ©cialisĂ©es qui sont actuellement rares.

Changements démographiques – Vieillissement et migration : La démographie de la main-d'œuvre montréalaise présente à la fois des défis et des opportunités :

  • DĂ©parts Ă  la retraite : La gĂ©nĂ©ration du baby-boom quitte le marchĂ© du travail en grand nombre. Les donnĂ©es du QuĂ©bec indiquent un nombre record de dĂ©parts Ă  la retraite ces dernières annĂ©es[34]. Ă€ MontrĂ©al, cela touche des secteurs comme l'Ă©ducation (enseignants/professeurs de longue date prenant leur retraite), la santĂ© (infirmières/mĂ©decins plus âgĂ©s partant) et le gouvernement. Cette vague crĂ©e de nombreuses ouvertures d'emploi (bon pour les jeunes travailleurs), mais aussi une perte de mentors expĂ©rimentĂ©s et de connaissances institutionnelles. Il peut ĂŞtre difficile de remplacer des vĂ©tĂ©rans de 30 ans d'expĂ©rience par de jeunes diplĂ´mĂ©s du jour au lendemain.

  • Vieillissement de la population : Le revers des dĂ©parts Ă  la retraite est une demande accrue de soins de santĂ© et de services pour les personnes âgĂ©es, exacerbant les pĂ©nuries dans ces domaines, comme discutĂ©. Moins de personnes en âge de travailler soutenant plus de personnes Ă  charge pourraient peser sur les finances publiques Ă  long terme. D'ici 2036, le ratio travailleurs/personnes âgĂ©es Ă  MontrĂ©al devrait chuter considĂ©rablement (3:1, voire 2,5:1)[35], soulignant une pĂ©nurie potentielle de main-d'Ĺ“uvre si la productivitĂ© ne s'amĂ©liore pas ou si l'immigration ne compense pas.

  • Immigration et croissance dĂ©mographique : Du cĂ´tĂ© positif, MontrĂ©al a bĂ©nĂ©ficiĂ© d'une forte immigration. La ville a connu une croissance impressionnante de 5,3 % en 2023 (bien au-dessus des autres villes du QuĂ©bec) en grande partie grâce aux politiques pro-immigration du Canada[6]. Quelque 100 000 nouveaux rĂ©sidents ont Ă©tĂ© accueillis, dont beaucoup sont des travailleurs qualifiĂ©s ou des Ă©tudiants. Les immigrants et les Ă©tudiants internationaux sont cruciaux pour pourvoir les emplois et freiner le problème du vieillissement. Cependant, l'intĂ©gration peut ĂŞtre difficile : les nouveaux arrivants ont souvent besoin de temps pour apprendre le français ou faire reconnaĂ®tre leurs diplĂ´mes, ce qui peut retarder leur entrĂ©e sur le marchĂ© du travail[5]. Le gouvernement du QuĂ©bec a rĂ©cemment signalĂ© qu'il souhaitait rĂ©duire le nombre de rĂ©sidents temporaires non permanents (tels que les Ă©tudiants internationaux et les travailleurs temporaires) dans la province, invoquant des prĂ©occupations concernant le logement et la capacitĂ© des services[16]. Cette position politique pourrait restreindre l'offre de main-d'Ĺ“uvre Ă  court terme, aggravant ironiquement les pĂ©nuries dans les secteurs qui dĂ©pendent de la main-d'Ĺ“uvre Ă©trangère temporaire (par exemple, l'hĂ´tellerie, l'agriculture).

  • RĂ©tention des jeunes et fuite des cerveaux : MontrĂ©al produit de nombreux diplĂ´mĂ©s, mais historiquement, certains sont partis chercher des opportunitĂ©s Ă  Toronto, aux États-Unis ou ailleurs (« fuite des cerveaux »). Maintenir les jeunes talents Ă  MontrĂ©al est une prioritĂ©. Des salaires compĂ©titifs, une culture urbaine dynamique et des industries en croissance aident – et en effet, beaucoup restent, contribuant aux scènes technologiques et artistiques. Mais si les opportunitĂ©s semblent meilleures ailleurs (surtout pour les diplĂ´mĂ©s anglophones si les lois linguistiques se resserrent), cela pourrait redevenir un dĂ©fi.

Changements politiques et réglementaires : Les politiques gouvernementales affectent directement le marché du travail montréalais :

  • LĂ©gislation linguistique (Loi 96) : Mise en Ĺ“uvre en 2022-2023, elle renforce les exigences en matière de français sur les lieux de travail. Bien que visant Ă  prĂ©server le français, un effet secondaire est que certaines entreprises ont plus de mal Ă  recruter des talents internationaux ou Ă  servir un marchĂ© mondial depuis MontrĂ©al si elles doivent opĂ©rer en français en interne. Les startups ont exprimĂ© des inquiĂ©tudes quant au fait que cela pourrait dissuader certains travailleurs technologiques non francophones. Au fil du temps, si elle n'est pas gĂ©rĂ©e avec souplesse, cette politique pourrait limiter l'attractivitĂ© de MontrĂ©al pour certains talents, bien que jusqu'Ă  prĂ©sent l'impact soit modĂ©rĂ© et que de nombreuses entreprises se soient adaptĂ©es en offrant des cours de français.

  • Restrictions du Programme des travailleurs Ă©trangers temporaires (TET) : Comme mentionnĂ© prĂ©cĂ©demment, de nouvelles règles introduites fin 2024 limitent la proportion de TET Ă  faible salaire Ă  10 % du personnel pour de nombreux employeurs[16]. Pour les industries de l'hĂ´tellerie et de la restauration de MontrĂ©al, qui utilisaient historiquement plus de TET, cela a provoquĂ© de graves pĂ©nuries de personnel[16]. Les hĂ´tels ont dĂ» se sĂ©parer de travailleurs Ă©trangers fiables dont les permis ne pouvaient pas ĂŞtre renouvelĂ©s, juste au moment oĂą la demande augmentait[16]. L'intention politique Ă©tait d'encourager l'embauche de locaux, mais avec un chĂ´mage relativement bas, les locaux n'ont pas pourvu tous ces postes. Cette « rĂ©pression » a Ă©tĂ© qualifiĂ©e de « non-sens Ă©conomique » par les reprĂ©sentants de l'industrie[16]. Si ces restrictions se poursuivent, le secteur de l'hĂ´tellerie continuera probablement Ă  lutter Ă  moins que l'automatisation ou des salaires plus Ă©levĂ©s ne comblent l'Ă©cart.

  • Politique du travail dans le secteur de la santĂ© (Loi 10) : La Loi 10 du QuĂ©bec (2023) visait Ă  Ă©liminer progressivement les agences de placement d'infirmières privĂ©es pour ramener les infirmières dans le système public[9]. Bien qu'elle soit bien intentionnĂ©e pour rĂ©duire les coĂ»ts, les premiers effets ont inclus le retrait des agences et des rĂ©gions avertissant de rĂ©ductions de services en raison du manque de personnel[9]. Ă€ MontrĂ©al, les hĂ´pitaux qui dĂ©pendaient des infirmières d'agence ont ressenti une pression. Le gouvernement a depuis ajustĂ© ses tactiques (comme une « Ă©quipe d'intervention rapide » d'infirmières pour les zones en difficultĂ©[9]), mais cela illustre comment la politique peut rapidement crĂ©er des goulots d'Ă©tranglement en matière de main-d'Ĺ“uvre si elle n'est pas mise en Ĺ“uvre avec soin en parallèle de mesures de rĂ©tention.

  • Taux d'intĂ©rĂŞt et politique Ă©conomique : Des taux d'intĂ©rĂŞt Ă©levĂ©s (fixĂ©s par la Banque du Canada pour lutter contre l'inflation) ont un effet de refroidissement sur le marchĂ© du travail. Ils ont un impact particulier sur le secteur du logement et de la construction de MontrĂ©al – moins de nouvelles mises en chantier pourraient signifier moins d'emplois dans la construction Ă  terme. La fabrication sensible aux taux d'intĂ©rĂŞt (par exemple, les appareils Ă©lectromĂ©nagers, certains biens de consommation) pourrait Ă©galement ralentir sa production, risquant des licenciements. Bien qu'il ne s'agisse pas d'une politique du travail en soi, l'environnement de politique macroĂ©conomique est un dĂ©fi : les entreprises sont confrontĂ©es Ă  des coĂ»ts d'emprunt plus Ă©levĂ©s, ce qui peut dĂ©courager l'expansion et l'embauche. L'attente, cependant, est que les taux pourraient se stabiliser ou baisser en 2025, ce qui attĂ©nuerait cette pression.

  • Salaire minimum et normes du travail : Le QuĂ©bec a augmentĂ© le salaire minimum annuellement (il est de 15,25 $ en mai 2025). MontrĂ©al, avec un coĂ»t de la vie plus Ă©levĂ© que les rĂ©gions, compte de nombreux travailleurs au salaire minimum ou près de celui-ci. Ces augmentations aident les travailleurs mais rĂ©duisent Ă©galement les marges des petites entreprises. Jusqu'Ă  prĂ©sent, des hausses modĂ©rĂ©es n'ont pas entraĂ®nĂ© de pertes d'emplois, mais l'Ă©quilibre reste Ă  surveiller. De plus, les changements au Code du travail du QuĂ©bec (comme les nouvelles rĂ©glementations sur les heures de travail ou les règles de vacances) peuvent influencer l'embauche – par exemple, des règles plus strictes sur les heures supplĂ©mentaires dans le camionnage ou de nouvelles limites d'heures de travail dans le commerce de dĂ©tail peuvent pousser les employeurs Ă  embaucher plus de travailleurs Ă  temps partiel pour se conformer.

Productivité et automatisation : Un autre défi sous-jacent à tout cela est la productivité. La productivité de Montréal a historiquement été inférieure à celle de Toronto et des villes américaines. Pour lutter contre les pénuries de main-d'œuvre, les entreprises et le gouvernement parlent d'automatisation et d'adoption de l'IA. Dans l'hôtellerie, par exemple, les responsables québécois ont suggéré aux hôtels d'investir dans l'automatisation (par exemple, des bornes d'auto-enregistrement, des robots de nettoyage) en réponse à la pénurie de travailleurs[16]. De même, les entreprises manufacturières automatisent les tâches routinières pour faire face à un nombre réduit de travailleurs. Bien que l'automatisation puisse atténuer les pénuries et stimuler la productivité, elle nécessite également d'investir du capital et de former les travailleurs à gérer les nouvelles technologies. Les petites entreprises peuvent avoir du mal avec cela. De plus, une automatisation rapide pourrait elle-même être une perturbation – réduisant potentiellement certaines catégories d'emplois (caissiers, emplois à la chaîne de montage) et exigeant de nouvelles compétences (maintenance de robots, analyse de données). Le défi de Montréal est de naviguer dans ces changements technologiques de manière à ce qu'ils complètent la main-d'œuvre plutôt que de déplacer les travailleurs en masse, d'autant plus que la ville compte encore de nombreux travailleurs peu qualifiés ayant besoin d'un emploi.

En résumé, les défis du marché du travail montréalais tournent autour de la garantie d'une main-d'œuvre suffisante et qualifiée face à une demande croissante et une offre changeante. Les pénuries de talents dans des domaines clés sont un problème pressant qui pourrait freiner la croissance économique s'il n'est pas résolu. Le vieillissement démographique signifie que la ville doit compter sur l'immigration et la rétention des jeunes pour combler les rangs, chacun avec ses propres complexités. Les choix politiques – qu'il s'agisse de la langue, de la main-d'œuvre étrangère ou du financement sectoriel – ont des effets d'entraînement importants qui nécessitent un calibrage minutieux pour éviter des conséquences involontaires comme l'aggravation des pénuries. Le consensus parmi les experts est que la résolution de ces défis nécessitera une approche multifacette : investir dans l'éducation et la formation, améliorer les conditions d'emploi pour retenir les travailleurs (meilleur salaire, environnement de travail), une politique d'immigration intelligente et l'adoption de l'innovation pour augmenter la productivité. La prospérité future de Montréal dépendra de sa capacité à relever ces défis du marché du travail de front.

9. Impact des facteurs macroéconomiques sur le marché du travail montréalais

Des forces macroéconomiques plus larges en 2024-2025 ont considérablement influencé le paysage de l'emploi à Montréal. Nous examinons ici comment les taux d'intérêt, l'inflation, la dynamique commerciale et d'autres facteurs généraux affectent le marché du travail de la ville :

Taux d'intérêt et politique monétaire : En réponse à une inflation élevée, la Banque du Canada a fortement augmenté les taux d'intérêt tout au long de 2022 et 2023. En 2024-2025, les taux sont à leur plus haut niveau depuis plus d'une décennie. Cela a un effet de refroidissement sur l'économie :

  • DĂ©penses de consommation et logement : Des coĂ»ts d'emprunt plus Ă©levĂ©s ont freinĂ© les dĂ©penses de consommation pour les articles coĂ»teux. Ă€ MontrĂ©al, des secteurs comme l'immobilier, la construction et le commerce de dĂ©tail de biens durables en ont ressenti les effets. Les ventes de maisons Ă  MontrĂ©al ont ralenti en 2023-2024 en raison des hypothèques coĂ»teuses, et les mises en chantier de nouveaux logements se sont modĂ©rĂ©es. Par consĂ©quent, la croissance de l'emploi dans la construction, bien que toujours positive au QuĂ©bec, n'est pas aussi rapide qu'elle le serait dans des conditions de taux bas. TD Économie note que le marchĂ© immobilier quĂ©bĂ©cois est modĂ©rĂ©, contribuant Ă  une hausse prĂ©vue du taux de chĂ´mage jusqu'Ă  la fin de 2025 (atteignant environ 6,6 % au niveau provincial avant de s'attĂ©nuer)[36]. Pour MontrĂ©al, cela implique un frein modĂ©rĂ© sur les emplois liĂ©s au logement (entrepreneurs, services immobiliers). D'un autre cĂ´tĂ©, la Banque du Canada a signalĂ© une pause dans les hausses de taux d'ici la mi-2025, ce qui pourrait signifier une stabilisation. En effet, les Ă©conomistes de la RBC s'attendent Ă  ce que les hausses de taux agressives antĂ©rieures contribuent Ă  « stabiliser le marchĂ© du travail au dĂ©but de 2025 », empĂŞchant une dĂ©tĂ©rioration supplĂ©mentaire[37].

  • Investissement des entreprises : Le crĂ©dit coĂ»teux a conduit certaines entreprises montrĂ©alaises Ă  retarder leur expansion ou leurs embauches. Les petites et moyennes entreprises, importantes dans l'Ă©conomie montrĂ©alaise, citent les taux d'emprunt Ă©levĂ©s comme une contrainte. Cependant, les grandes entreprises disposant de rĂ©serves de trĂ©sorerie (ou celles des secteurs en plein essor comme l'IA) ont continuĂ© d'investir. Si les taux d'intĂ©rĂŞt atteignent leur sommet et commencent Ă  baisser en 2025, comme certains le prĂ©voient, cela stimulerait probablement l'embauche et l'activitĂ© Ă©conomique dans les secteurs sensibles aux taux d'intĂ©rĂŞt vers 2026.

Inflation et coût de la vie : L'inflation a bondi en 2022 (atteignant environ 7-8 % au Canada) et est restée au-dessus de la cible en 2023. D'ici la mi-2025, elle s'est atténuée pour se rapprocher de 3 %. À Montréal :

  • Les travailleurs ont subi une pression sur le coĂ»t de la vie, ce qui les a poussĂ©s Ă  rechercher des salaires plus Ă©levĂ©s (contribuant Ă  la croissance des salaires dont nous avons discutĂ©). Les loyers Ă©levĂ©s et les prix des produits d'Ă©picerie Ă  MontrĂ©al ont exercĂ© une pression particulière sur les mĂ©nages Ă  faible revenu, affectant l'offre de main-d'Ĺ“uvre, certains travailleurs ayant pris un deuxième emploi ou des petits boulots pour faire face.

  • Le cĂ´tĂ© positif est que le recul de l'inflation signifie que le revenu rĂ©el se stabilise. Mais pendant la pĂ©riode de forte inflation, certaines entreprises ont eu du mal avec les coĂ»ts des intrants. Les restaurants et les fabricants, par exemple, ont vu leurs marges bĂ©nĂ©ficiaires diminuer et, dans certains cas, ont rĂ©duit leur personnel ou fermĂ©. Maintenant que l'inflation se modère et que les problèmes de chaĂ®ne d'approvisionnement se sont amĂ©liorĂ©s, ces pressions diminuent, ce qui devrait aider Ă  maintenir l'emploi. La Banque du Canada s'attend Ă  ce que l'inflation continue de baisser, ce qui permettrait probablement un environnement d'embauche plus prĂ©visible (pas de spirales salariales soudaines ni de hausses de taux abruptes).

  • Un effet persistant est que les coĂ»ts du logement Ă  MontrĂ©al ont bondi ces dernières annĂ©es, rendant l'attraction des talents lĂ©gèrement plus difficile (surtout pour ceux qui viennent de l'Ă©tranger s'attendant Ă  ce que MontrĂ©al soit bon marchĂ©). Les entreprises pourraient devoir offrir des salaires plus Ă©levĂ©s ou une aide au logement.

Commerce et facteurs économiques mondiaux : Montréal, en tant qu'économie ouverte, est affectée par la dynamique du commerce international :

  • Politique commerciale et tarifs douaniers amĂ©ricains : Les États-Unis ont mis en Ĺ“uvre des tarifs douaniers sur diverses marchandises (acier, aluminium, bois d'Ĺ“uvre) qui affectent les exportateurs quĂ©bĂ©cois. Le grand port et la base manufacturière de MontrĂ©al signifient que les tensions commerciales se font sentir sur l'emploi. La RBC note que les « vulnĂ©rabilitĂ©s liĂ©es au commerce » ont entraĂ®nĂ© des pertes d'emplois dans la fabrication, les ressources et le transport[5]. Par exemple, les tarifs sur l'aluminium (une exportation majeure du QuĂ©bec, produite en grande partie au Saguenay mais ayant un impact sur MontrĂ©al via les bureaux d'entreprise et le trafic portuaire) devraient rĂ©duire le PIB du QuĂ©bec d'environ 0,3 point de pourcentage en 2025[36]. Certaines entreprises montrĂ©alaises de transformation des mĂ©taux et fabricants d'Ă©quipements ont rĂ©duit leur production ou suspendu leurs embauches en raison de la faiblesse de la demande amĂ©ricaine et de l'augmentation des coĂ»ts des intrants. De plus, l'incertitude concernant les tarifs automobiles amĂ©ricains ou les dispositions « Buy America » peut rendre prudents les importants secteurs de l'aĂ©rospatiale et de la fabrication ferroviaire de MontrĂ©al. Cependant, toute rĂ©solution ou assouplissement des tarifs serait une aubaine ; la RBC a supposĂ© un assouplissement progressif dans ses prĂ©visions au-delĂ  de 2025[36].

  • Ralentissement mondial et comparaison avec les États-Unis : L'Ă©conomie amĂ©ricaine est restĂ©e relativement rĂ©siliente en 2024, tandis que celle du Canada a davantage ralenti. Le destin de MontrĂ©al est Ă©troitement liĂ© aux États-Unis, car c'est le plus grand marchĂ© d'exportation. Les Ă©conomistes de la RBC ont soulignĂ© que si le chĂ´mage au Canada a augmentĂ© de 0,5 point au cours de l'annĂ©e, celui des États-Unis Ă©tait plus stable, ce qui implique une demande plus faible ici[37]. Si les États-Unis continuent de croĂ®tre (et en particulier s'ils Ă©vitent la rĂ©cession), les secteurs montrĂ©alais axĂ©s sur l'exportation (aĂ©rospatiale, machinerie, services logiciels) bĂ©nĂ©ficieront des commandes amĂ©ricaines. Inversement, un ralentissement amĂ©ricain frapperait l'Ă©conomie montrĂ©alaise – augmentant potentiellement le chĂ´mage. Les perspectives actuelles suggèrent un optimisme prudent quant Ă  un atterrissage en douceur en AmĂ©rique du Nord (croissance lente mais pas de rĂ©cession profonde)[37], ce qui signifierait que le marchĂ© du travail montrĂ©alais devrait se stabiliser plutĂ´t que de chuter brusquement.

  • Prix des matières premières : MontrĂ©al n'est pas une ville axĂ©e sur les matières premières comme Calgary, mais elle en ressent tout de mĂŞme les effets. Les prix du pĂ©trole affectent les secteurs de l'aviation et du transport, par exemple. En 2023, les coĂ»ts du carburant Ă©taient Ă©levĂ©s, pĂ©nalisant des compagnies aĂ©riennes comme Air Canada (qui a alors freinĂ© certaines embauches ou rĂ©percutĂ© les coĂ»ts sur les consommateurs, ce qui a lĂ©gèrement freinĂ© la demande de voyages). Alors que les prix du pĂ©trole ont fluctuĂ© Ă  la baisse en 2024, puis Ă  la hausse avec les Ă©vĂ©nements mondiaux, cela a créé de l'incertitude. De mĂŞme, les fluctuations des prix du bois d'Ĺ“uvre et des mĂ©taux ont eu un impact sur la foresterie et l'exploitation minière au QuĂ©bec – affectant indirectement les emplois d'ingĂ©nierie et de sièges sociaux Ă  MontrĂ©al. Actuellement, les vents contraires des matières premières (comme la faible demande de bois d'Ĺ“uvre due aux taux d'intĂ©rĂŞt Ă©levĂ©s) ont Ă©tĂ© l'une des causes de la faiblesse de l'emploi dans certaines rĂ©gions du QuĂ©bec[5]. MontrĂ©al, dotĂ©e d'une Ă©conomie diversifiĂ©e, est partiellement isolĂ©e mais pas immunisĂ©e.

Immigration et croissance démographique (niveau macro) : Les objectifs d'immigration ambitieux du Canada (atteignant des niveaux quasi records de plus de 400 000 nouveaux arrivants par an en 2022-2024) ont des effets macroéconomiques. Ils stimulent l'offre de main-d'œuvre et la demande intérieure dans des villes comme Montréal. Montréal a connu un afflux de nouveaux travailleurs (par exemple, dans le secteur technologique via le Programme des talents mondiaux). Cette croissance démographique a été une raison majeure pour laquelle Montréal n'a pas connu de déclin de sa population active. Cependant, elle a également contribué à la hausse du taux de chômage, comme l'a souligné la RBC : « le chômage avait augmenté principalement parce que la population active a crû plus vite que l'emploi, notamment en raison des nouveaux diplômés et des nouveaux arrivants qui peinent à trouver rapidement du travail »[5]. Avec le temps, ces nouveaux arrivants trouvent du travail (en fait, historiquement, les immigrants à Montréal ont des taux d'emploi élevés après quelques années), ce qui devrait être positif pour l'économie. Un risque potentiel est que des changements de politique réduisent drastiquement l'immigration ; la population active de Montréal pourrait alors stagner étant donné la faible croissance naturelle, ce qui resserrerait le marché du travail de manière malsaine et limiterait la croissance. Actuellement, cependant, l'immigration est considérée comme un facteur macroéconomique qui, dans l'ensemble, soutient la base d'emploi à long terme de Montréal, même si elle entraîne des frictions transitoires à court terme.

Investissement fiscal et public : Les politiques fiscales macroéconomiques jouent également un rôle :

  • Le gouvernement fĂ©dĂ©ral canadien et le gouvernement provincial du QuĂ©bec ont tous deux engagĂ© des dĂ©penses considĂ©rables pendant la pandĂ©mie et ont poursuivi les dĂ©penses d'infrastructure et sociales par la suite. Le budget 2025 du QuĂ©bec a augmentĂ© les dĂ©penses d'infrastructure de 4 milliards de dollars par an[36], y compris dans les transports en commun et les installations de santĂ© de MontrĂ©al. Ces investissements crĂ©ent des emplois dans la construction et l'ingĂ©nierie Ă  court terme et amĂ©liorent l'efficacitĂ© Ă©conomique Ă  long terme (par exemple, le nouveau rĂ©seau ferroviaire Ă©lectrique REM Ă  MontrĂ©al devrait amĂ©liorer les temps de trajet et Ă©tendre la portĂ©e du marchĂ© du travail). Les dĂ©penses gouvernementales ont jusqu'Ă  prĂ©sent contribuĂ© Ă  amortir l'emploi – par exemple, les emplois dans l'administration publique et les soins de santĂ© ont augmentĂ© mĂŞme lorsque certains secteurs privĂ©s ont flĂ©chi.

  • Cependant, les gouvernements sont maintenant confrontĂ©s Ă  un endettement Ă©levĂ© et envisagent des mesures de restriction. Si la politique fiscale se resserre (pour lutter contre l'inflation ou rĂ©tablir les budgets), nous pourrions assister Ă  un ralentissement des embauches dans le secteur public. DĂ©jĂ , le gouvernement du QuĂ©bec tente de rationaliser certains ministères. Toute mise Ă  pied ou gel des embauches significatif dans le secteur public pèserait sur MontrĂ©al, qui abrite de nombreux bureaux gouvernementaux et institutions publiques. Jusqu'Ă  prĂ©sent en 2025, aucune coupe majeure n'a eu lieu, mais c'est un facteur Ă  surveiller.

Perspectives et résilience : En somme, les facteurs macroéconomiques en 2025 ont créé un environnement plus difficile que le boom de 2021. C'est pourquoi le taux de chômage de Montréal est passé d'environ 6,2 % en 2023 à environ 7-8 % en 2024-2025[30] – un reflet de conditions monétaires plus strictes, d'une croissance mondiale plus lente et d'une croissance rapide de la population active. Pourtant, ces facteurs semblent mener à une normalisation plutôt qu'à une crise. Les économistes décrivent la situation comme le marché du travail retrouvant son équilibre après une surchauffe. Le taux de chômage de Montréal, bien qu'en hausse, n'est toujours pas très élevé selon les normes historiques et reste inférieur aux niveaux observés lors des récessions.

À l'avenir, si les taux d'intérêt diminuent doucement fin 2025 et en 2026 (à mesure que l'inflation est maîtrisée), Montréal pourrait connaître une reprise des emplois sensibles aux taux (construction, immobilier, fabrication) et un assouplissement général du chômage. Les prévisions de la RBC s'attendent à une stabilisation en 2025 et notent qu'une croissance démographique plus lente à venir (le gouvernement fédéral a signalé des objectifs légèrement inférieurs) limitera naturellement les gains de main-d'œuvre, permettant à la croissance de l'emploi de rattraper son retard[37]. Cela suggère que le chômage à Montréal pourrait atteindre un sommet au second semestre de 2025, puis diminuer progressivement. De plus, toute résolution des différends tarifaires américains (par exemple, un assouplissement de la position protectionniste après les élections américaines de 2024) pourrait stimuler les secteurs manufacturiers et d'exportation de Montréal.

Inversement, les risques macroéconomiques à la baisse incluent une potentielle récession américaine ou un choc financier, qui se répercuterait rapidement sur Montréal via une demande réduite pour les exportations et le tourisme. De plus, si l'inflation devait de nouveau s'enflammer, nécessitant une politique monétaire encore plus stricte, cela pourrait étouffer la croissance. Mais la plupart des prévisions (OCDE, grandes banques) voient l'économie canadienne dans un schéma de croissance lente et de désinflation, sans récession sévère à l'horizon[37].

En conclusion, les facteurs macroéconomiques ont fait passer le marché du travail montréalais à la vitesse inférieure en 2024-2025, refroidissant la reprise rapide post-pandémique sans toutefois l'inverser. Les taux d'intérêt et les problèmes commerciaux ont modestement augmenté le chômage et créé des gagnants et des perdants dans tous les secteurs. L'économie diversifiée de Montréal et ses solides fondamentaux (talents, innovation, soutien public) lui confèrent une résilience. Si les conditions mondiales et nationales s'améliorent comme prévu (avec une inflation maîtrisée et des incertitudes commerciales dissipées), le marché du travail montréalais est prêt à reprendre une trajectoire de croissance plus stable, les forces macroéconomiques passant de vents contraires à neutres, voire à de légers vents porteurs d'ici la fin de 2025.

10. Perspectives d'emploi Ă  court et Ă  long terme

Perspectives à court terme (12 à 18 prochains mois) : Le marché du travail montréalais dans un avenir immédiat (fin 2025 à 2026) devrait être stable avec une croissance modérée, sauf chocs externes majeurs. Les analystes économiques anticipent que la période de ralentissement connue début 2025 se stabilisera et s'améliorera légèrement :

  • RBC Économie suggère que le marchĂ© du travail canadien se « stabilisera » au dĂ©but de 2025, aidĂ© par l'effet retardĂ© des baisses de taux d'intĂ©rĂŞt et un lĂ©ger ralentissement de la croissance de la population active[37]. Par extension, MontrĂ©al – en tant que marchĂ© urbain majeur – devrait Ă©galement se stabiliser. Cela signifie que la hausse rapide du chĂ´mage observĂ©e de la mi-2024 Ă  la mi-2025 devrait cesser. En effet, juin 2025 a dĂ©jĂ  montrĂ© une lĂ©gère baisse du chĂ´mage Ă  l'Ă©chelle nationale[4]. Le taux de chĂ´mage de MontrĂ©al pourrait se situer entre 6 % et 7 % Ă©levĂ©s tout au long de 2025, puis commencer Ă  diminuer doucement si les embauches reprennent.

  • Le sentiment d'embauche reste positif chez les employeurs, bien que lĂ©gèrement moins exubĂ©rant que l'annĂ©e dernière. Une enquĂŞte d'Express Emploi au Canada a rĂ©vĂ©lĂ© que près de 46 % des entreprises prĂ©voient d'ajouter de nouveaux postes permanents au premier semestre 2025 – une lĂ©gère baisse par rapport aux 52 % de fin 2024[37]. Cela indique une crĂ©ation nette d'emplois continue. Ă€ MontrĂ©al, des secteurs comme la technologie, la santĂ©, l'Ă©ducation et l'hĂ´tellerie devraient continuer Ă  embaucher en raison de la demande structurelle. La construction pourrait connaĂ®tre un lĂ©ger ralentissement si les taux d'intĂ©rĂŞt Ă©levĂ©s persistent, mais les projets d'infrastructure publique (l'expansion continue du REM, les amĂ©liorations routières, une nouvelle aile d'hĂ´pital, etc.) maintiendront l'emploi dans la construction.

  • Aucun choc majeur prĂ©vu : Les prĂ©visions de base n'anticipent pas de rĂ©cessions sĂ©vères. Le PIB du Canada devrait croĂ®tre faiblement mais positivement (environ 1 % en 2024, environ 1,5 % en 2025)[36], ce qui est suffisant pour maintenir le chĂ´mage sous contrĂ´le. La Banque du Canada pourrait mĂŞme commencer Ă  rĂ©duire doucement les taux d'intĂ©rĂŞt de la mi-2025 Ă  la fin de 2025 si l'inflation reste conforme Ă  la cible, ce qui stimulerait davantage l'investissement et l'embauche. Ă€ moins d'un Ă©vĂ©nement mondial inattendu (comme une crise financière ou un conflit gĂ©opolitique), l'Ă©conomie montrĂ©alaise devrait Ă©viter la contraction. Les secteurs liĂ©s aux dĂ©penses de consommation Ă  MontrĂ©al (commerce de dĂ©tail, divertissement) pourraient mĂŞme bĂ©nĂ©ficier d'un coup de pouce si les taux d'intĂ©rĂŞt s'assouplissent et que la confiance des consommateurs augmente.

  • ChĂ´mage proche du sommet : La plupart des Ă©conomistes estiment que le taux de chĂ´mage au Canada n'a pas encore atteint son sommet Ă  la mi-2025, mais qu'il en est proche. Il est passĂ© d'un creux d'environ 5 % en 2022 Ă  environ 7 % en 2025 Ă  l'Ă©chelle nationale[5][37]. Il pourrait augmenter de quelques dixièmes supplĂ©mentaires d'ici fin 2025 (la RBC a mentionnĂ© qu'il n'Ă©tait « pas encore susceptible d'atteindre son sommet » en janvier 2025[37]), mais d'ici 2026, il devrait recommencer Ă  baisser. Pour MontrĂ©al spĂ©cifiquement, cela se traduit par un pic d'environ 7,5 Ă  8 % de chĂ´mage, puis une amĂ©lioration. Les postes vacants ont diminuĂ© par rapport Ă  leurs niveaux records, ce qui signifie que le marchĂ© du travail est plus souple qu'auparavant, mais il s'agit d'une normalisation plutĂ´t que d'un ralentissement.

  • La croissance des salaires ralentit mais se poursuit : Ă€ court terme, la croissance des salaires devrait ralentir parallèlement Ă  la normalisation du marchĂ© du travail[37]. Nous l'avons vu passer d'environ 5 % de gains annuels Ă  environ 3 %. Il pourrait se stabiliser autour de 3 % ou mĂŞme lĂ©gèrement moins en 2025, ce qui reste supĂ©rieur Ă  l'inflation (en supposant une inflation d'environ 2 %). Cela devrait aider les entreprises Ă  gĂ©rer leurs coĂ»ts tout en permettant aux travailleurs de maintenir leur pouvoir d'achat. Un problème potentiel Ă  court terme est si l'inflation ne diminue pas comme prĂ©vu, ce qui pourrait dĂ©clencher davantage de hausses de taux et un ralentissement plus marquĂ©. Actuellement, ce risque semble faible, l'inflation Ă©tant en baisse.

Perspectives à long terme (5 à 10 ans) : Sur un horizon plus lointain, jusqu'à la fin des années 2020 et au début des années 2030, les perspectives pour le marché du travail montréalais sont globalement positives, bien que non sans défis :

  • Croissance Ă©conomique et diversification : MontrĂ©al devrait continuer Ă  dĂ©velopper son Ă©conomie, bien qu'Ă  un rythme modeste. Les prĂ©visions de croissance du PIB rĂ©el du QuĂ©bec s'Ă©tablissent en moyenne Ă  environ 1,0-1,5 % par an au cours des prochaines annĂ©es[36]. MontrĂ©al, en tant que moteur du QuĂ©bec (contribuant Ă  environ la moitiĂ© du PIB provincial), reflĂ©tera cette tendance. Il pourrait y avoir des pĂ©riodes de croissance plus rapide si, par exemple, une avancĂ©e technologique ou un afflux d'investissements majeurs se produisait. L'accent mis par la ville sur l'innovation (IA, jeux vidĂ©o, technologies vertes) la positionne favorablement pour les industries futures. MontrĂ©al 2030, le plan Ă©conomique de la ville, vise Ă  favoriser les talents et l'entrepreneuriat ; depuis son lancement en 2018, il a contribuĂ© Ă  la crĂ©ation de milliers de PME[6]. D'ici 2030, cela pourrait donner naissance Ă  un Ă©cosystème robuste de nouvelles entreprises crĂ©atrices d'emplois.

  • Normalisation du chĂ´mage : Ă€ long terme, le taux de chĂ´mage de MontrĂ©al devrait revenir vers son niveau historique (avant la pandĂ©mie, MontrĂ©al Ă©tait autour de 6 % en 2019). Les pressions dĂ©mographiques pourraient en fait faire baisser le chĂ´mage – Ă  mesure que les baby-boomers prennent leur retraite, moins de personnes sont actives sur le marchĂ© du travail, ce qui (toutes choses Ă©gales par ailleurs) rĂ©duit le chĂ´mage. Cependant, cela s'accompagne du problème des pĂ©nuries de main-d'Ĺ“uvre. De nombreux analystes s'attendent Ă  ce que le chĂ´mage au Canada (et Ă  MontrĂ©al) se stabilise Ă  un niveau lĂ©gèrement supĂ©rieur aux creux extrĂŞmes de 2022, mais toujours bas par rapport aux normes historiques. Par exemple, l'OCDE prĂ©voit un taux de chĂ´mage au Canada d'environ 5 % Ă  la fin des annĂ©es 2020[38] (bien qu'il s'agisse d'une prĂ©vision nationale, MontrĂ©al Ă©tant historiquement environ 2 points plus Ă©levĂ©e). Atteindre un taux montrĂ©alais de 5 Ă  6 % Ă  long terme serait un scĂ©nario sain, indiquant un quasi plein emploi avec un chĂ´mage frictionnel.

  • Main-d'Ĺ“uvre et bassin de talents : La capacitĂ© de MontrĂ©al Ă  rĂ©pondre Ă  la demande de main-d'Ĺ“uvre Ă  long terme dĂ©pend des tendances dĂ©mographiques et migratoires. Le QuĂ©bec a lĂ©gèrement rĂ©duit ses objectifs annuels d'accueil d'immigrants par rapport au pic de 2022, visant une stabilitĂ© autour de 50 000 nouveaux arrivants par an. Si MontrĂ©al parvient Ă  attirer une grande partie de ces immigrants et Ă  les intĂ©grer avec succès, cela compensera le dĂ©clin dĂ©mographique naturel. De plus, les universitĂ©s montrĂ©alaises attirent des Ă©tudiants internationaux, dont beaucoup restent et intègrent le marchĂ© du travail (particulièrement dans les domaines de la technologie et de l'ingĂ©nierie). Les perspectives Ă  long terme incluent donc une main-d'Ĺ“uvre plus diversifiĂ©e culturellement, et potentiellement plus multilingue. Cependant, une population vieillissante entraĂ®nera un ratio de dĂ©pendance plus Ă©levĂ© : plus d'emplois dans les soins de santĂ©, et potentiellement moins de personnes disponibles pour un travail Ă  temps plein en raison des responsabilitĂ©s de soins, etc. Cela pourrait encourager davantage l'automatisation et les amĂ©liorations de la productivitĂ©, qui sont une arme Ă  double tranchant pour l'emploi – stimulant certains secteurs tout en Ă©liminant certains postes. Historiquement, cependant, le changement technologique a tendance Ă  crĂ©er autant d'emplois qu'il en supprime, mais dans des domaines diffĂ©rents.

  • Transformations industrielles : D'ici 2030, nous pouvons nous attendre Ă  des changements structurels :

    • L'IA et l'automatisation seront probablement profondĂ©ment intĂ©grĂ©es dans de nombreuses industries montrĂ©alaises. Cela pourrait renforcer le statut de la rĂ©gion en tant que pĂ´le d'IA, crĂ©ant de nouveaux emplois hautement qualifiĂ©s (Ă©thique de l'IA, maintenance, dĂ©veloppement) mĂŞme si certains emplois routiniers dans les bureaux ou les usines sont automatisĂ©s.

    • Économie verte : Les politiques de lutte contre le changement climatique et la transition Ă©nergĂ©tique mondiale gĂ©nĂ©reront de nouveaux emplois Ă  MontrĂ©al dans des domaines tels que l'infrastructure des vĂ©hicules Ă©lectriques, les transports en commun, la rĂ©novation des bâtiments et la recherche sur les Ă©nergies propres. Les entreprises d'ingĂ©nierie montrĂ©alaises se tournent dĂ©jĂ  vers de tels projets. Les gouvernements fĂ©dĂ©ral et provinciaux disposent de financements et d'objectifs qui assureront la croissance des secteurs environnementaux.

    • Manufacture traditionnelle : pourrait voir sa part d'emploi diminuer davantage (poursuivant une tendance de plusieurs dĂ©cennies), mais la production pourrait rester stable ou augmenter avec moins de travailleurs grâce Ă  l'automatisation. L'aĂ©rospatiale devrait rester un secteur clĂ© ; les perspectives Ă  long terme de Bombardier semblent stables (axĂ©es sur les jets d'affaires) et d'autres acteurs comme Airbus Canada (assemblage de l'A220) confèrent Ă  MontrĂ©al un rĂ´le dans l'aviation mondiale pour les annĂ©es Ă  venir.

    • Dominance des services : Le secteur des services (technologie, santĂ©, Ă©ducation, finance, industries crĂ©atives) constituera une part toujours plus importante des emplois. Ceux-ci ont tendance Ă  ĂŞtre rĂ©silients et plus difficiles Ă  automatiser entièrement (en particulier la santĂ© et l'Ă©ducation). Les industries culturelles de MontrĂ©al (cinĂ©ma, jeux vidĂ©o, arts) devraient prospĂ©rer grâce Ă  des investissements continus et Ă  la demande mondiale de contenu.

  • Infrastructures et dĂ©veloppement urbain : MontrĂ©al investit dans ses infrastructures (par exemple, l'extension du mĂ©tro, de nouveaux ponts, la revitalisation de quartiers comme le Vieux-Port et le Quartier des spectacles). Cela crĂ©e non seulement des emplois dans la construction Ă  moyen terme, mais amĂ©liore Ă©galement l'attractivitĂ© de la ville pour les entreprises et les talents Ă  long terme. Une ville plus accessible et moderne peut attirer des entreprises (par exemple, si les temps de trajet diminuent ou s'il existe un quartier de haute technologie qui regroupe des startups).

  • Éducation et perfectionnement des compĂ©tences : Pour faire face Ă  l'avenir, MontrĂ©al devrait intensifier ses efforts en matière d'Ă©ducation et de formation professionnelle. Nous pourrions voir davantage de programmes s'alignant sur les besoins de l'industrie (comme des bootcamps de codage, des diplĂ´mes collĂ©giaux spĂ©cialisĂ©s en IA, ou des formations rapides pour les immigrants en français et en compĂ©tences professionnelles). Ă€ long terme, si ces initiatives rĂ©ussissent, elles devraient attĂ©nuer certaines pĂ©nuries de compĂ©tences et rĂ©duire le chĂ´mage parmi les groupes marginalisĂ©s. Le dĂ©fi sera le financement et la mise Ă  l'Ă©chelle de ces initiatives.

Risques potentiels Ă  long terme : Aucune perspective n'est sans incertitude. Certains risques incluent :

  • Un ralentissement Ă©conomique mondial ou une crise financière importante Ă  la fin des annĂ©es 2020 pourrait faire dĂ©railler les progrès et faire grimper temporairement le chĂ´mage.

  • Le protectionnisme ou la dĂ©mondialisation pourrait nuire aux secteurs d'exportation de MontrĂ©al et rĂ©duire les investissements Ă©trangers (MontrĂ©al a beaucoup bĂ©nĂ©ficiĂ© de l'implantation de bureaux d'entreprises internationales ; un recul de la mondialisation pourrait ralentir cette tendance).

  • Les impacts du changement climatique – bien que MontrĂ©al soit gĂ©ographiquement quelque peu protĂ©gĂ©e, les phĂ©nomènes mĂ©tĂ©orologiques extrĂŞmes ou la rĂ©glementation liĂ©e au climat pourraient influencer certaines industries (par exemple, si les industries Ă  forte intensitĂ© de carbone dĂ©clinent plus rapidement que de nouveaux emplois verts n'apparaissent).

  • Le dĂ©salignement dĂ©mographique – si les jeunes se dĂ©placent de plus en plus vers les banlieues ou hors province pour un logement moins cher, MontrĂ©al pourrait faire face Ă  une pĂ©nurie de main-d'Ĺ“uvre locale ou devoir travailler plus dur pour attirer les navetteurs.

  • Les changements de politique gouvernementale – par exemple, une forte rĂ©duction de l'immigration ou une rĂ©ponse inadĂ©quate aux pĂ©nuries de main-d'Ĺ“uvre dans la santĂ©/l'Ă©ducation pourrait entraver la prestation de services et le potentiel Ă©conomique.

Mais en supposant l'absence d'événements extrêmes, la tendance à long terme de Montréal est celle d'une croissance modérée, d'un chômage faible à moyen et d'une composition de l'emploi en évolution exigeant de l'adaptabilité. Les décideurs politiques et les chefs d'entreprise sont conscients des défis (talents, innovation, inclusion) et y travaillent activement, ce qui est de bon augure.

Résumé des perspectives : À court terme, le marché du travail montréalais devrait se maintenir et s'améliorer progressivement à mesure que nous dépasserons le pic des taux d'intérêt. Le chômage devrait culminer vers la fin de 2025, puis commencer à diminuer. Les embauches se poursuivront dans la plupart des secteurs, avec une vigueur particulière dans les services et les industries basées sur le savoir, tandis que les secteurs plus sensibles aux taux d'intérêt navigueront prudemment dans un environnement de taux élevés. Les salaires augmenteront modestement, soutenant la confiance des consommateurs.

À plus long terme, Montréal présente des perspectives favorables en tant qu'économie diversifiée et innovante, bien qu'elle devra faire face à une population vieillissante et à la nécessité de rester compétitive pour les talents et les investissements. Si elle tire parti de ses atouts – une main-d'œuvre hautement qualifiée, un dynamisme culturel, une situation stratégique et des institutions publiques solides – la ville peut s'attendre à une création d'emplois soutenue. D'ici la fin de la décennie, Montréal pourrait connaître un paysage de l'emploi caractérisé par des rôles encore plus importants dans les domaines de la technologie et de la création, une main-d'œuvre robuste dans la santé et l'éducation modernisée avec de nouveaux talents, et une économie qui continue de passer des industries plus anciennes à des secteurs plus durables et à forte valeur ajoutée. Le chômage dans un tel scénario serait probablement faible (possiblement de retour à ~5-6 %, similaire aux niveaux de la fin des années 2010) en supposant une croissance économique stable et des politiques en place pour intégrer tous les travailleurs disponibles[30].

En substance, les perspectives du marché du travail montréalais sont prudemment optimistes. La ville a traversé le pire du choc pandémique et du choc inflationniste, et est maintenant prête à bénéficier de la stabilité et de ses investissements continus dans le capital humain et l'innovation. Les défis persisteront, mais Montréal a démontré sa résilience et sa capacité à se réinventer – des qualités qui seront cruciales pour le succès de sa main-d'œuvre et de ses employeurs dans les années à venir.


Sources :

  • Statistique Canada & Institut de la statistique du QuĂ©bec – EnquĂŞte sur la population active, Faits saillants MontrĂ©al/QuĂ©bec[30][1].

  • Emploi QuĂ©bec – Bulletin mensuel du marchĂ© du travail, MontrĂ©al (juillet 2025)[1].

  • Guichet-Emplois du gouvernement du Canada – Aperçu du marchĂ© du travail au QuĂ©bec (juin 2025) et Perspectives pour MontrĂ©al[3][32].

  • Cult MTL – « Comment MontrĂ©al devient un pĂ´le technologique de premier plan » (janv. 2025)[6].

  • Robert Half Canada – Guide salarial 2025 et Tendances du travail Ă  distance[7][27].

  • LinkedIn (S. The Recruiter) – « Tendances du marchĂ© du travail de juin 2025 – QuĂ©bec »[8].

  • CTV/Immigration.ca – Rapports sur les pĂ©nuries de personnel dans l'hĂ´tellerie au QuĂ©bec (avr. 2025)[16].

  • MontrĂ©al Intl. – Nouvelles sur l'investissement de Moderna et le secteur des sciences de la vie[11].

  • RBC Économie – Leadership Ă©clairĂ© (juillet 2025) : points faibles du marchĂ© du travail, Canadian HR Reporter (janv. 2025) : perspectives[5], [37].

  • Normandin Beaudry – EnquĂŞte sur les augmentations salariales 2025[21].

  • Journal de MontrĂ©al / Randstad – Top 15 des emplois les plus en demande en 2025[19].

  • La Presse Canadienne – Rapport sur la pĂ©nurie d'enseignants au QuĂ©bec (sept. 2024)[12].

  • Blogue FindJobsCanada MontrĂ©al – Meilleurs employeurs Ă  MontrĂ©al 2025[10].

  • TD Économie – PrĂ©visions Ă©conomiques provinciales (2025)[36].

  • Montreal Gazette / IEDM – CommuniquĂ© de presse sur la rĂ©tention des infirmières (sept. 2024)[9].

Sources externes (38)

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